Le JM Court, un skatepark intérieur, situé dans un garage de l’école secondaire Jeanne-Mance, aide les jeunes à cultiver leur passion pour la planche à roulettes, tout en les motivant à l’école.
Alors que la culture du skate a souvent mauvaise réputation et est associée aux méfaits, les adolescents fréquentant le centre sont au contraire dans un milieu encadré par des intervenants.
«C’est un milieu de vie. On valorise beaucoup ce genre d’initiative», soutient l’agente sociocommunautaire du poste de quartier 38, Lina Borremans.
Pour 10$ par mois, des jeunes de partout à Montréal peuvent y aller les soirs et weekends faire de la planche à roulettes. L’activité est gratuite sur l’heure du dîner pour les élèves de l’école secondaire Jeanne-Mance.
«Le skate, c’est le prétexte pour un premier contact. On apprend à les connaître, on les accompagne dans leur réalité et on les dirige vers des ressources s’ils en ont besoin», indique le coordonnateur du JM Court, Jean-Yves Ginchereau.
Pour lui, la planche à roulettes est une métaphore de la vie.
«En skate, tu tombes plusieurs fois avant de réussir une nouvelle figure. Tomber, c’est apprendre à se relever», explique l’intervenant.
Certains deviennent même accro à cette sensation.
Il a vu une nette amélioration de ses notes depuis qu’il a commencé à skater au JM Court, il y a deux ans.
«Avant, j’avais à peine la note de passage. Maintenant, j’ai une moyenne autour de 80%. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’énergie. D’aller faire du skate sur l’heure du dîner, ça me permet de me concentrer à l’école le reste de la journée», continue M. Voiselle Bourgeois.
Les résultats scolaires de Jirel Amoussougbo ont aussi connu une nette amélioration.
«Je suis venu pour connaître des gens. J’étais nouveau à l’école. Ça m’a permis de gagner en confiance. Je crois que c’est pour cela que mes notes à l’école sont passées de 70% à 90%. J’envisage maintenant de devenir médecin», raconte Jirel Amoussougbo, 15 ans.
L’intervenant, Jean-Yves Ginchereau, confirme cette évolution.
«Jirel, quand il a commencé à venir ici, il rentrait après tout le monde, subtilement derrière. Maintenant, il entre par la grande porte, il prend sa place», renchérit M. Ginchereau.
L’activité crée aussi des liens d’amitié entre les utilisateurs réguliers du skatepark.
«J’ai rencontré plusieurs de mes amis ici. Je passe la plupart de mes fins de semaine au JM Court», relate Henri Troutet. Ce dernier a développé une passion pour la photographie et la vidéo, grâce
Année de changements
Chapeauté depuis un an par la maison des jeunes Le Beau voyage, le skatepark intérieur a connu plusieurs changements dans la dernière année, dont une revitalisation de ses installations en septembre au coût de 5000$ et un projet permettant aux jeunes d’expérimenter avec la photo et la vidéo de ce sport.
Avec les mesures d’austérité, le financement sera cependant un enjeu majeur cette année pour le centre.
«On a 20% de notre financement qui provenait du comité de quartier de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui a été amputé cette année. Ce sera un défi d’aller chercher de nouveaux fonds», indique la directrice générale de la maison des jeunes Le Beau voyage, Sonia Duchesneau.
Jean-Yves Ginchereau souligne également que le financement est à refaire annuellement.
«Une partie de nos activités sont assurées par le bénévolat des jeunes. Certains peinturent et nettoient. Par l’entremise du projet photo et vidéo, on utilise leurs clichés pour la promotion du service. En échange, on leur donne l’accès illimité gratuit au centre. Ça ne paie cependant pas les salaires», concède M. Ginchereau.
Le commissaire scolaire du Plateau-Mile End, Ben Valkenburg, confirme l’abolition de cette enveloppe budgétaire qui a été utilisée cette année pour absorber le déficit de la CSDM.
