Près de 700 personnes, dont la plupart ont la tête blanche sont venues rendre un dernier hommage à l’homme politique coloré qui a laissé un vif souvenir dans l’esprit de ses concitoyens.
Parmi la foule se trouvaient de nombreux fonctionnaires et de simples citoyens qui ont côtoyé M. Ryan au cours de ses 38 années passées à la tête de l’Hôtel de Ville. Quelques personnalités publiques, dont le maire Denis Coderre, l’ex-ministre Line Beauchamps et François Ouimet, vice-président de l’Assemblée nationale, s’étaient déplacées pour l’occasion.
Charitable, engagé, proche des gens et amoureux de Montréal-Nord : à en croire le diacre Richard St-Louis, M. Ryan était un bon chrétien qui a mérité son ciel. M. St-Louis a rappelé que pendant plusieurs années, le maire insistait pour qu’une cérémonie d’assermentation des nouveaux citoyens canadiens ait lieu à Montréal-Nord pour accueillir chaleureusement les nouveaux arrivants.
Maire en maillot de bain
Au-delà de la personnalité publique qu’il était, la plupart des gens étaient venus saluer l’homme derrière le politicien. Maire droit et parfois sévère, pour ses petits-enfants il était plutôt un grand-père en maillot de bain qui fumait le cigare au fond de la cour. Malgré cette image un peu loufoque, les deux garçons ont été élogieux au sujet de leur grand-père.
« Mon idole est mon grand-père », a affirmé Cédric Ryan. Son frère Hugues a, quant à lui, raconté sa première discussion politique qui portait sur Jean Drapeau. Lorsque le garçon avait prononcé le nom de l’ancien maire de Montréal en racontant l’anecdote durant son témoignage, toute l’assistance s’est mise à rire, connaissant l’opinion défavorable qu’avait M. Ryan au sujet de M. Drapeau.
Même dans sa vie personnelle, M. Ryan était un véritable amoureux de Montréal-Nord comme le démontre le souvenir qu’a raconté son fils Guy Ryan durant la cérémonie.
« Mon père ne prenait pas de vacances, mais chaque dimanche pour nous divertir, nous faisions un tour d’auto, a-t-il dit. Nous empruntions les boulevards Gouin, Saint-Michel, Industriel, Henri-Bourassa et Albert-Hudon, dans le but de nous faire découvrir les limites de sa ville. Plus tard, nous avons eu un bateau et nous parcourions du barrage au rapide pratiquement dans les limites de la Ville. »
La vie d’Yves Ryan
Yves Ryan est décédé à la suite d’un malaise cardiaque le 2 février, quelques jours avant son 86e anniversaire.
Il a été maire de Montréal-Nord pendant 10 mandats, de 1963 à 2001.
Le service funéraire était présidé par le curé de la paroisse Sainte-Gertrude, Ronald Legerme, où la famille Ryan demeure depuis les années 1950.
La famille demande des dons à n’importe quel organisme de charité en guise de témoignage.
Ce qu’ils ont dit…
« Je suis venu pour le remercier pour tout ce qu’il a fait pour la ville. C’était un bon maire! » – Margot Ryan, ex-employée travaux publics
« J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour lui. Il était un homme sévère, mais très juste. » – Micheline Plantai, ex-employée de la santé publique à la Ville
« Il était un bon bonhomme généreux » – Isabelle Rouisse, citoyenne
« C’est le seul politicien honnête que je connais. » – Rolland Raby, citoyen
« C’était un homme très inspirant. » – Marc Tremblay, citoyen
« C’était un homme bon qui était là quand on avait besoin de lui. La ville était toujours propre dans ce temps-là. » – Antonio Madato
« C’était un personnage haut en couleur. Il n’était pas très intéressé par les arts en général, mais il voyait beaucoup de choses bien en avant de son temps. » – Lise Richer, ex-directrice du conseil des arts à la Communauté urbaine de Montréal
« Yves Ryan a été une inspiration pour moi. Il m’a donné des conseils, mais j’aurais aimé avoir des rencontres plus fréquentes. Quand on se rencontrait, c’était très chaleureux. » – François Ouimet, vice-président de l’Assemblée nationale.
« Il a marqué ma carrière, ma vie et la ville de Montréal-Nord. C’était un homme franc, travaillant et sincère qui savait bien gérer et rendre service aux gens. Il était toujours présent. » – Michelle Alaire, ex-conseillère municipale
« Il était un homme près du peuple qui écoutait les gens. Ce n’était pas un «frais chié». » – Joe Barberi, citoyen
« C’est mon ami et mon voisin à qui je parlais régulièrement. Ce qui m’a marqué c’est que les gens ne l’ont pas oublié et que l’église était pleine de gens qui étaient venus le saluer une dernière fois. » – Denis Coderre, maire de Montréal