lang="fr-FR" > Le silence
Outremont

Le silence

Ce bruit sourd qui ne parle de rien. Ce bruit qui nous bourre, qui nous remplit le quotidien. Celui qui fait que tout le monde dit la même chose sans savoir qu’il ne dit rien. Simplement pour participer au bruit ambiant. Essayer de réfléchir, dans ce vacarme constant, est devenu un sport extrême.

Prenez cette tuerie. C’est à hurler. Oui, la tuerie elle-même est à hurler, bien sûr. À pleurer aussi, oui. Et aussi à marcher la tête entre les deux jambes. De honte. Oui, de honte et en hurlant. Parce qu’au fond, on s’en fout. Avouez. Sinon on agirait. D’une manière ou d’une autre. Le bruit.

Bang

C’est toujours un fou…

Le 4 septembre, un fou, derrière le Métropolis, a assassiné un homme et en a blessé un autre à vie. Deux hommes grâce auxquels il n’y a pas eu des dizaines et des dizaines de morts ce soir-là. C’était un fou, aussi, à Newton. 27 personnes, dont 20 enfants. C’est bien ça?

C’est la statistique qui nous frappe en pleine face : des enfants de 6 et 7 ans. Peu importe le nombre. Un fou est entré dans une école après avoir vraisemblablement tiré sa mère et s’est mis à tirer dans le tas avant de se flinguer lui-même.

Nous ne savons rien et nous ne comprenons rien. Au lieu, nous envoyons toutes les caméras du monde à Newton. Pour faire du bruit. Le plus de bruit possible. Pour se donner l’impression que ça nous intéresse. Vraiment. Et on dit que c’est un fou. On se donne bonne conscience en faisant Oh… c’est donc ben épouvantable. Faut être fou…

Et on tourne la tête. Jusqu’à ce qu’une autre raison de faire du bruit ne se présente. Richard Bain a pété une coche. Guy Turcotte a pété une coche. Le gars de Newton a pété une coche. Et dans une semaine, un mois, un an, il y en aura un autre qui pètera une coche.

Et on se remettra à faire du bruit. Parce qu’il le faut bien. Parce que c’est comme ça que ça marche maintenant. Plus besoin de comprendre, juste faire du bruit. Crier au fou…

Nowel

Je vais me payer une petite pause, question de bien digérer les pâtés à la viande, les cipailles, la dinde, la buche, les chocolats et aussi les quelques boissons alcoolisées qui serviront à faire descendre tout ça. Je vous reviens en 2013!

Parce que bon, la fin du monde, on va se le dire, c’est comme une autre manière de faire du bruit, non? Sauf que personne n’en est, à ce jour, devenu fou.

Noyeux Joël !

Articles récents du même sujet

Exit mobile version