L
ors de son assemblée générale annuelle, l’association municipale de Ville Mont-Royal organisait jeudi 13 juin, une réunion d’information sur les conséquences de l’installation de compteurs électriques intelligents par Hydro-Québec.Si l’association municipale de Ville Mont-Royal affiche sa neutralité sur la question des compteurs électriques, elle croit cependant à un débat démocratique sur le sujet et souhaite donner la parole à ceux qui s’élèvent contre la mise en place de compteurs intelligents.
Jeudi 13 juin, à l’hôtel de Ville de Mont-Royal, elle organisait donc une soirée d’information avec deux intervenants qui, à force de recherches, se sont spécialisés sur la question des ondes électromagnétiques.
Le Docteur Ari Demirjian et Marie-Michèle Poisson de Villeray Refuse, ont clairement manifesté leur position en exposant des arguments solides.
Quelles conséquences sur la santé ?
Ari Demirjian, docteur en dermatologie, s’est penché sur la question des ondes électromagnétiques après que des membres de son entourage ont été « décelés » électro-sensibles.
Muni d’un détecteur d’ondes électromagnétiques, le praticien a d’entrée de jeu détecté la source wi-fi située dans la salle de réunion de l’Hôtel de Ville. Un bon moyen pour entamer la conversation et prouver au public que son exposition aux ondes est permanente.
Le Dr Demirjian a ensuite donné un exemple des appareils électroménagers qui dégagent de nombreuses ondes : micro-ondes, téléphone sans fil, cellulaire. Sans oublier le wi-fi ou les imprimantes sans fils. Et bientôt… le compteur intelligent d’Hydro-Québec. Contrairement aux compteurs d’eau intelligents, les compteurs électriques émettent une dose supérieure d’ondes électromagnétiques. Une fois installés, ils permettront aux agents d’Hyrdo-Québec de récupérer les données tout en restant dans son véhicule. Un gain de temps pour les agents, qui pourrait avoir des conséquences sur la santé des clients.
Parmi elles, le Dr Demirjian mentionne les maux de tête, les étourdissements, les insomnies, le déficit de concentration… Pour limiter ces risques et en conclusion de sa présentation, le dermatologue donne quelques conseils pratiques au public comme supprimer les téléphones sans fil dans la maison, prendre un kit mains libres pour le cellulaire, rester à distance d’un four à micro-ondes en marche.
Les problèmes : la proximité et l’accumulation
Marie-Michèle Poisson, enseignante et fondatrice de Villeray Refuse (association créée fin 2011 pour contrer l’installation de compteurs à l’intérieur des maisons) a immédiatement présenté les méfaits des compteurs électriques intelligents.
Selon elle, les compteurs de 3e génération ont des capacités émettrices « énormes ». Ils n’émettraient en effet seulement que 5 % de leur capacité totale. Toujours selon Marie-Michèle Poisson, 95 % de la capacité seraient réservés à des contrats d’Hydro-Québec.
Elle poursuit en exposant les trois grosses problématiques qu’impose l’installation de compteurs dans les maisons (ndlr : à Ville Mont-Royal, les compteurs seraient installés à l’extérieur des maisons). D’abord la permanence, ensuite l’accumulation avec toutes les autres sources d’ondes électromagnétiques, enfin la densité avec l’ensemble des maisons. Pour ce dernier point, Marie-Michèle Poisson explique en effet que les ondes émises sont rayonnées et pas parallèles. Cela induit que les ondes tombent dans les maisons avoisinantes et que la puissance d’ondes s’accumule.
Pour rappel, l’association municipale a fait une demande officielle de moratoire en attendant des études plus probantes. La demande a été refusée, Ville Mont-Royal a décidé d’accepter l’installation de compteurs intelligents.
Quelques chiffres, pour en savoir plus…
-Pour Santé Canada, les normes d’acceptation de puissance émise sont de 6 millions μWatt/m2. En Europe, les normes sont beaucoup plus rigoureuses avec 100 000 μWatt/m2 maximum.
-La Ville de Toronto a passé une résolution limitant à 60 000 μWatt/m2 la puissance d’ondes qui traverse les habitations.