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Outremont

L'OUM et la magie de Sibelius

Joanny-Furtin Michel - TC Media
Intitulé L’ultime Sibelius, c’est un concert d’envergure que l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM) et son chef et fondateur Jean-François Rivest, présenteront ce samedi 8 décembre à la salle Claude Champagne en mettant à l’honneur les dernières œuvres du compositeur finlandais, «Tapiola» et la «Symphonie no 7». Deux solistes, la violoncelliste Julie Hereish et le pianiste Florian Puddu, étudiants de la Faculté, seront aussi sous les projecteurs en compagnie de Schumann et Chopin.

« Je voulais rendre hommage au grand maître finlandais avec les toutes dernières œuvres qu’il a composées avant de s’emmurer dans le silence », explique Jean-François Rivest. « Il s’agit d’une musique sérieuse et complexe qui propose une transformation perpétuelle du matériau. Sibelius écrit une longue ligne musicale harmonique qui se transforme sans cesse. Harmoniquement, c’est même osé. C’est aussi la dernière symphonie en Do majeur de l’histoire… »

Jean Sibelius (1865-1957) est aujourd’hui considéré comme l’un des grands symphonistes du début du XXe siècle. « Pour Sibelius, la musique n’embrasse pas l’univers, elle doit être le dépouillement, l’ascèse, une expression rigoureuse de l’essentiel, l’art du non-dit et de l’aphorisme. Qualifiée souvent de panthéiste, cette musique vide d’hommes qui célèbre la nature dans sa force primitive et dépeint les rumeurs légendaires qui la parcourent, est d’une puissance et d’une austérité qui se conjuguent en de vastes incantations aux beautés secrètes et inépuisables (…) qui annonce déjà certains compositeurs de musique minimaliste comme György Ligeti (Wikipédia).

« Sibelius n’a pratiquement plus rien composé les trente dernières années de sa vie qu’il a fini solitaire et alcoolique. Ses contacts avec le monde extérieur vont peu à peu se raréfier. Il brûlera même les esquisses de sa 8e symphonie », reprend Jean-François Rivest.

« Ses œuvres sont des odes à une nature nordique d’où l’Homme semble exclu. Il y a quelque chose de profondément douloureux enfoui dans sa musique. Pour l’interpréter, il faut une expérience adéquate pour sculpter cette pâte musicale. Du point de vue pédagogique, Sibelius représente une étape importante pour les élèves de l’orchestre à qui je devais proposer un défi suffisamment haut pour qu’ils se laissent emporter par la beauté de cette œuvre. »

Deux solistes à découvrir

Deux solistes, étudiants de la Faculté de musique de l’Université de Montréal (UdeM), participeront à ce concert. Leurs carrières prennent déjà une envergure internationale. Lauréat de plusieurs concours internationaux et du Concours de concerti 2012 de l’OUM, le pianiste Florian Puddu complète actuellement un programme de maîtrise en interprétation à la Faculté.

Samedi soir, il interprétera le Concerto pour piano No2 de Chopin. « Cette oeuvre est un symbole des sentiments humains, explique le chef d’orchestre, et démontre une délicatesse d’âme que Florian sait bien servir. »

Diplômée du programme de maîtrise en interprétation de la faculté de musique de l’UdeM, la violoncelliste Julie Hereish revient d’Autriche où elle vient de compléter un programme de post-maîtrise à l’Université de musique et des arts de Vienne.

Lauréate 2011 du Concours de concerti de l’OUM, Julie a remporté le Concours de musique du Canada en 2008, en solo et sonate. Samedi soir, elle interprétera le Concerto pour violoncelle de Schumann, une œuvre méconnue de ce compositeur.

« Cette composition de Schumann propose des difficultés techniques intéressantes pour une interprète parce qu’il y a dans cette œuvre une dimension intime digne d’une musique de chambre alors qu’il s’agit d’un concerto, c’est à dire un soliste en conversation avec un orchestre » détaille Jean-François Rivest avec l’acquiescement de Julie Hereish, à ses côtés lors de l’entrevue.

La jeune femme se dit heureuse de revenir au bercail après une année d’études de post-maîtrise à Vienne, dans une maison aussi réputée que l’Université de musique et des arts de Vienne. « Ces études de perfectionnement faisaient suite à un programme d’échanges interuniversitaires avec la faculté de musique de l’UdeM », explique-t-elle.

« J’ai passé deux ans à Vienne, où la musique est partout présente. Un parcours européen, leur approche presque institutionnelle de la musique est toujours un grand plus dans un parcours de soliste. Pour moi, c’était un parcours nécessaire pour enrichir mes perspectives, mes travaux et mes projets professionnels. »

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