Si la ville centre décide des priorités de déneigement, ce sont les arrondissements qui se chargent du travail, ce qui complique la tâche quand vient le temps d’évaluer où en sont les opérations. Avec 43 km de rues à déblayer, Outremont aurait toutefois déjà dégagé depuis samedi dernier 91% de son réseau routier.
Mathieu Deschamps loge dans le quartier Willowdale. Il avait stationné sa voiture à 13h sur un espace plus glacé qu’enneigé, et qui, selon lui, n’aurait pas nécessité de déblaiement, mais bon… Des fanions interdisant le stationnement entre 18h et 7h du matin auraient été installés vers 14h, soit 4h avant le début des opérations, comme convenu par le règlement.
Est-ce le gyrophare du camion de remorquage, ou le bruit de manœuvres qui l’ont réveillé cette nuit-là, mais à 2h du matin, il a dû enfiler un vêtement chaud en catastrophe pour aller enlever son véhicule et éviter le remorquage… mais pas la contravention.
«Pourquoi l’ont-ils fait en pleine nuit et pas à des heures moins indues, en fin de soirée ou vers minuit par exemple», questionne-t-il. «Pourquoi, alors que certains quartiers sont avisés par des sirènes, n’a-t-on pas procédé de même pour notre rue ? On avait l’impression que le remorqueur patientait en attendant que la Sécurité publique ait fait le ticket pour enlever l’auto.»
«Et puis, poser des contraventions et remorquer les véhicules en pleine nuit, ça donne l’impression qu’ils le font pour l’argent plus que pour le déblaiement. Surtout que le lendemain matin, les bancs de neige étaient toujours là; aucun déblaiement n’avait été effectué ! On est prêt à faire notre effort, quitte à ressortir même tard pour changer les autos de place, mais laissez-nous une chance…»
De neige et d’essieu
L’Express d’Outremont a contacté les services de l’arrondissement. Daniel Fleury, directeur des travaux publics, a fait suivre quelques explications dès le lendemain : «Une opération de chargement dépend de plusieurs variables. Des facteurs comme le type de neige, la fluidité de la circulation, la chaussée glissante et les bris occasionnels d’équipement ont tous un impact sur la durée d’une opération de déneigement.»
«La neige laissée par la dernière tempête et celle qui a suivi est une neige gorgée d’eau et très lourde. La SAAQ impose une limite de poids par essieu de chaque camion, normes que l’entrepreneur doit respecter. La nuit dernière, l’entrepreneur s’est vu dans l’obligation de charger moins de neige dans les camions et par le fait même, quelques tronçons de rues qui normalement auraient dû être déneigés, ne l’ont pas été, poursuit Daniel Fleury. Le chargement n’a donc pas été annulé, mais incomplet faute de temps en raison des circonstances. Ce sont des situations qui malheureusement se produisent à l’occasion.»
«L’objectif est de réaliser 100% du parcours planifié, là où des panneaux d’interdiction de stationnement ont été installés. Les véhicules ayant reçu des contraventions étaient en infraction, car les panneaux de restriction avaient été installés selon les délais prévus (le fameux délai de 4h. NDLR). Il en est de même pour les véhicules remorqués. Aucun constat n’est remis lorsque les gens respectent la signalisation», rappelle toutefois Daniel Fleury qui se dit désolé pour les citoyens qui croyaient à juste titre que leur rue serait déneigée, et souligne que «nous avons besoin de leur compréhension et de la collaboration de tous».
L’administration montréalaise remercie les citoyens pour leur compréhension et leur patience durant ce qui aura été la plus importante opération de chargement de neige de l’histoire de la métropole, où quelque 3000 cols bleus ont travaillé sans relâche durant la période des Fêtes pour assurer faciliter les déplacements après la tempête.