Outremont

Céline Forget revient sur l’altercation avec les Hassidim

Joanny-Furtin Michel - TC Media
L’incident défraye les manchettes depuis une semaine. Céline Forget s’est faite huée et insultée par la communauté hassidim la semaine dernière.

« Je marchais sur la rue Durocher pour vérifier le respect et l’application des règlements municipaux à l’occasion de la fête de Pourim lorsqu’un hassidique m’a vu et a commencé à crier et m’invectiver. Au lieu de l’apaiser, d’autres hassidim l’ont encouragé », raconte la conseillère Céline Forget pour expliquer l’effet tache d’huile qu’elle a vécu.

« La veille, j’avais fait la même chose en vérifier la circulation des gros autobus et leur sonorisation excessive, mais tout s’était bien déroulé. »

« Avec l’amie qui m’accompagnait, nous avons appelé la Sécurité publique. Quand le patrouilleur est venu, l’ambiance était telle que nous attendions qu’il appelle le 911. » Les policiers l’ont fait monter dans leur auto, pour protéger la conseillère et l’emmener hors du quartier.

« Les vidéos ont été mises en ligne par les hassidiques eux-mêmes, explique Céline Forget, puis ils les ont retirées, mais d’autres bloggeurs ont su les capter avant. Elles documentent ce qui s’est passé. »

« J’ai eu droit à ce genre d’attitudes et de comportements depuis que j’ai déposé une procédure pour la fermeture d’une synagogue. Les choses s’étaient calmées jusqu’en 2008. J’ai déjà été frappée, poussée. Pas cette fois-ci, mais ce n’est pas normal. J’ai déjà vécu ce genre d’intimidation. Cela ne m’impressionne plus. J’ai pris l’habitude de m’isoler mentalement pour ne pas céder à la panique ou la colère.

« Toutefois la semaine dernière, je sentais cette haine. J’attendais que le patrouilleur de la Sécurité publique appelle le 911. C’est une amie, qu’on aperçoit sur les vidéos, qui l’a fait. »

Les actions, les réactions, les commentaires, tout cela s’ajoute aux nombreuses tentatives pour faire taire les observateurs, les critiques, les commentaires envers cette communauté et, entre autres, l’attitude de l’arrondissement vis-à-vis d’eux.

« Par exemple, quand vous énoncez certaines observations, si vous n’avez pas de photos à l’appui, on vous dit que vous mentez. Si, par contre, vous présentez une photo prouvant votre propos, on vous reproche alors de provoquer ! »

À propos d’éventuelles dispositions mises en place entre l’arrondissement, la Sécurité publique et le PDQ 24 pour la Pourim, « le conseil n’a pas amendé de dérogation particulière quant aux règlements », insiste Céline Forget. « Le conseil des élus est souverain. La mairesse en est le pouvoir exécutif et doit appliquer le règlement décidé par le conseil. »

« Ainsi, même dans le cadre d’une rencontre avec les forces de police et de la Sécurité publique, les élus ne peuvent pas adapter des règlements en fonction de tel groupe ou telle manifestation. Comme personne n’a contesté le règlement, il doit donc être appliqué tel quel. Or, il semble qu’il y ait toujours un paradoxe entre ce qui est dit et ce qui est vu… »

Interrogé par les médias, la mairesse Cinq-Mars parle d’affront aux employés municipaux. À notre confrère La Presse, le conseiller Louis Moffat dit remettre question sa vie politique. « Céline Forget et ses partisans nous accusent de faire des passe-droits aux hassidiques. Mais, je le jure sur la tête de mes enfants que c’est faux. » Il semble même faire un constat d’échec. « Nous avons cinq groupes hassidiques qui ne s’entendent pas entre eux et pour qui la loi de Dieu prime sur celles des hommes. Ils sont de plus nombreux et, donc, ils ouvrent des garderies, des synagogues, etc. Que voulez-vous qu’on fasse ? On est complètement dépassés ! »

Un citoyen a contacté L’Express d’Outremontpour nous faire part de ses observations et commentaires. « Face à de si sérieux dérapages, (conduite en état d’ivresse, bruits nocturnes, conduite en sens interdit, stationnement en double file, etc.), la police ne semble pas intervenir ou trop peu. La police se serait permis de faire la morale à Mme Forget alors qu’elle faisait que son travail de conseillère. Quel dispositif a été mis en place? Y a-t-il eu un dispositif mis en place comme dans d’autres villes en Amérique du Nord pour contenir ces débordements? »

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– «Lettre ouverte à la mairesse d’Outremont»

– «La démocratie en otage»

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