Il y a quelques jours, j’ai découvert avec stupeur que ce sentier a été transformé en « chemin de ceinture » pour usage « polyvalent » (vélos, quatre-roues, motoneiges, voitures de police ?) qui ressemble, à s’y méprendre, à une route autour de laquelle on a épandu, partout où on a coupé des arbres sains, un engrais vert fluorescent (du gazon en forêt ?).
Le panneau planté au pied de la colline m’avait pourtant prévenue: « Construction : Les Excavations Super inc. Coûts : 3,3 M $. Ces travaux sont réalisés par la Ville de Montréal dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal. »
J’ai poursuivi néanmoins ma promenade jusqu’au sommet qui est maintenant presque entièrement recouvert de pierres taillées, peu à peu disposées en gradins surplombant au loin le terrain de football de l’UdeM et la ville tout autour.
Assise-là, pendant quelques instants, j’ai pensé que, contrairement à ce qui se passait dans les amphithéâtres grecs, la tragédie était derrière moi. En redescendant, j’ai croisé d’autres habitués de cet ancien sentier, aussi désolés et impuissants que moi devant ce « développement » qui manifestait une fois de plus l’appauvrissement de notre culture.
Mélissa Grégoire,
Professeure et écrivaine