Mme Martin parle de l’hôpital avec fierté. Le poste qu’elle occupe depuis près de six mois est un grand défi pour elle. Bien qu’elle ait été infirmière-chef à l’Hôpital Douglas pendant 11 ans, elle devra manifestement adapter sa gestion à HRDP, puisque cet établissement se spécialise dans la santé mentale des enfants.
Sa formation en psychologie—elle est aussi détentrice d’un baccalauréat en soins infirmiers et d’une maîtrise en administration des affaires—devrait la sensibiliser à la pédopsychiatrie, puisqu’elle y a étudié le développement des enfants.
Un pôle pédopsychiatrique unique au Québec
Mme Martin croit que son établissement n’est pas seulement unique en raison de sa spécialité en pédopsychiatrique. En effet, elle soutient que la façon dont la recherche y est menée l’est tout autant.
« On part des questionnements cliniques de la base pour produire nos projets de recherche. Ça, je pense que c’est ce qu’il y a de plus intéressant parce que ça rapporte à notre clientèle. Les chercheurs travaillent étroitement avec les employés sur le terrain », affirme-t-elle. Pas de place pour le travail en vase clos.
Parmi les spécificités de l’HRDP, notons son centre d’excellence en troubles envahissants, reconnu partout au Québec.
« On aimerait bien être reconnus comme un centre d’excellence national en autisme, annonce la gestionnaire comme prochain créneau d’expertise que son établissement désire obtenir.
« Nous voulons être les chefs de file en pédopsychiatrie au Québec. On veut pouvoir exporter notre expertise, soutenir nos partenaires et les différentes régions [du Québec]. »
Elle souligne que l’HRDP est déjà connu dans la francophonie pour la qualité de ses recherches. Ailleurs au Canada, seul un hôpital pour enfants de Toronto loge à la même enseigne que l’institution prairivoise en matière de traitements de pointe.
Une équipe chevronnée
La directrice générale croit que la diversité de ses équipes de travail est un atout. « Ici, on a vraiment une équipe extraordinaire de professionnels de tous les types d’emplois : on a des psychologues, des neuropsychologues, des infirmières, des kinésiologues, des ergothérapeutes, des éducateurs. Vraiment, on a la crème de la crème comme professionnels, donc toutes les raisons possibles pour réussir […] ce qu’on veut faire », dit-elle.
Ses employés ont surtout, selon elle, les qualités qui leur permettent d’interagir avec sollicitude avec les patients.
« C’est inné chez nos professionnels de vouloir aider ces familles et ces enfants-là. C’est très touchant, confie-t-elle. Ils ne sont pas du tout dérangés d’avoir les enfants turbulents dans leur cafétéria. C’est quelque chose qui m’a frappé et que je n’ai pas vu nulle part d’autre dans le réseau de la santé. »
« On a vraiment développement une expertise clinique, mais une expertise humaine, ajoute-t-elle. C’est ce qui motive à vouloir développer davantage Rivière-des-Prairies. »
L’un des projets sur lequel planchent la gestionnaire et ses employés concerne la refonte de l’offre de services aux patients. Un plan devrait d’ailleurs être déposé au conseil d’administration de l’hôpital en novembre.
« On va mieux encadrer l’offre de services par rapport à la deuxième et à la troisième lignes », laisse-t-elle savoir. Les soins de ces lignes sont dispensés par des spécialistes, tandis que ceux de première ligne le sont à l’urgence ou chez son médecin de famille.
L’HRDP veut, en d’autres termes, surtout devenir un hôpital de troisième ligne, donc très spécialisé, tout en ne négligeant pas les soins de deuxième ligne pour aider les hôpitaux qui ne possèdent pas de services de psychiatrie.
Il veut aussi éviter l’étiolement des différentes expertises pédopsychiatriques. Comme l’Hôpital Sainte-Justine a une expertise en troubles alimentaires, on va la leur laisser, donne Mme Martin en exemple.
Si, « antérieurement, les établissements de santé travaillaient beaucoup en silos », ce n’est plus le cas aujourd’hui.