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Les Montréalestois se serrent la ceinture

Les citoyens l’ont échappé belle lors du dépôt du budget 2012 de Montréal-Est, le 14 décembre dernier. L’augmentation des taxes foncières sera de 6,35 %, mais elle aurait pu être de près de 14 % si le conseil n’avait pas fait de coupes importantes dans les dépenses de la Ville. Le budget de la Ville passera donc de 3,99 M$ en 2011 à 3,64 M$ en 2012, une diminution de 8,61 %.

Taxes

Le propriétaire d’une maison évaluée à 200 000 $ verra donc son compte de taxes augmenter à 2 050 $. Cette hausse s’ajoute au nouveau rôle d’évaluation, qui entrera en vigueur en janvier. Dans cette réévaluation, la maison moyenne de Montréal-Est, qui était évaluée à 158 403 $, passera à 190 459 $.

Par ailleurs, le maire a confirmé qu’il ne serait pas possible pour les citoyens d’étaler leur paiement de taxes sur plusieurs mois, comme il l’avait laissé entendre lors du dépôt du budget de la Ville de Montréal.

Il a expliqué que les délais imposés par Montréal ne permettaient pas, pour l’instant, une telle mesure et que Montréal-Est devrait essuyer les dépenses liées aux intérêts si elle permettait aux citoyens de payer en plusieurs versements. « Nous sommes en pourparlers avec Montréal. Je tiens à m’excuser aux citoyens », a-t-il reconnu.

Les coupes

Pratiquement tous les budgets de la Ville seront amputés, à l’exception de celui des quotes-parts versées à la Ville de Montréal, seul domaine sur lequel la Ville n’a pas le contrôle. Rappelons que cette dernière augmentera de 3,49 %, ce qui représente 17,89 M$, soit près de 50 % du budget total de la Ville. En excluant le budget alloué aux quotes-parts, le budget de la Ville sera donc réduit de 17,8 %.

Les secteurs qui seront les plus durement touchés seront l’administration générale, la sécurité publique, l’hygiène du milieu et les loisirs.

Dans l’administration générale, les secteurs où les coupes seront les plus importantes sont l’administration du personnel et l’informatique. Plusieurs investissements avaient été faits en 2011 dans les services informatiques, il ne devrait donc pas y avoir de besoins pressants en 2012.

Le budget pour la sécurité publique sera diminué de 27 %. « Les baisses de budget dans la sécurité publique ne veulent pas dire qu’elle sera négligée », a expliqué M. Coutu. Au cours de l’année 2011, le budget alloué à la sécurité avait été révisé à la suite de la coupe du poste de gardien de sécurité au Centre récréatif Édouard-Rivet (CRER). La somme réelle allouée à ces fins était donc de 143 422 $; la somme allouée en 2012 sera donc 5 % plus élevée que celle utilisée en 2011.

Le service qui a le plus diminué dans le volet hygiène du milieu du budget 2012 est la collecte de déchets domestiques, qui a chuté de 54 %. Un investissement de 100 000 $ avait été fait dans l’achat de bacs noirs en 2011, ce qui ne sera pas nécessaire en 2012. « C’est l’application de notre règlement sur la collecte des matières en vrac, nous avons demandé aux résidents de faire leur part en disposant eux-mêmes de leurs tas de terre par exemple. Ça s’est bien passé, je félicite les citoyens. Cela ne veut pas dire que nous ne ramassons plus les gros objets encombrants, comme les meubles », précise M. Coutu.

Le changement de gestionnaire du CRER n’explique pas à lui seul la baisse de 13 % des sommes allouées aux loisirs. Le maire a admis qu’il y aurait moins d’activités en 2012. « Quand on a un budget serré, il est plus important de développer la Ville que de faire le party, mais nous irons tout de même à l’essentiel », assure le maire.

Baisse de revenus

La baisse de revenu de la Ville a principalement été causée par les nombreuses contestations à la suite du dépôt des rôles d’évaluation des bâtiments. La Ville s’était gardée une réserve, mais les contestations se sont élevées à 8 M$, soit 7,1 M$ pour le secteur industriel, et 1,2 M$ pour les immeubles non résidentiels.

La principale contestation est celle de Shell, qui demande un remboursement rétroactif depuis sa fermeture, le 7 octobre 2010. Seulement pour l’année 2010, Shell récupèrera 400 000 $, en plus des intérêts (environ 7 %). Pour 2011, cette contestation s’élève à 3,2 M$. La force de cette contestation s’explique par le fait que la compagnie a demandé une réévaluation, à une valeur de 1 $, pour sa raffinerie, qui était évaluée à 99 M$ avant sa fermeture.

La Ville est toutefois en négociations avec Shell afin de trouver un terrain d’entente pour minimiser les coûts, notamment des intérêts demandés. Le prolongement de l’avenue Joseph-Versaille jusqu’à l’autoroute 40 pourrait être inclus dans ces négociations. Selon la Ville, Shell serait de bonnes fois dans ces négociations.

 

Voir aussi…

Investissements pour 2012

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