Rosemont–La Petite-Patrie

Contravention pour ne pas utiliser son automobile

Beauchemin Philippe - TC Media
Des résidants de la 4e Avenue ont eu la surprise, il y a quelques jours, de voir des contraventions leur être remises pour ne pas avoir déplacé leur véhicule sur une période de 24 heures.

Le 23 mai, près d’une dizaine de citoyens du tronçon compris entre la Promenade Masson et la rue Laurier ont contrevenu au règlement sur le stationnement de la Ville de Montréal qui stipule qu’ « il est interdit, en un endroit d’un chemin public où le stationnement est permis, de stationner un véhicule routier plus de 24 heures consécutives ». Ils ont ainsi reçu chacun une amende de 52 $.

Quelques jours plus tard, d’autres constats ont de nouveau été remis sur le même tronçon de rue pour la même raison. Au total, plus d’une vingtaine de contraventions ont ainsi été émises.

« C’est insensé. Je travaille de nuit et j’essaie, comme la Ville et l’arrondissement nous incitent à le faire, de prendre d’autres moyens de transport que ma voiture. Et voilà qu’un soir, je trouve un « ticket » sur mon auto. Quand j’ai vu la raison de la contravention, je n’y croyais pas », laisse entendre Sylvie Brisebois, infirmière de métier.

Elle n’est pas la seule à ne pas comprendre la nature de ce règlement inconnu jusque-là pour l’ensemble des fautifs.

« Tu ne prends pas ton auto pour 24 heures parce que, justement, tu utilises les services de l’autobus ou que tu marches, et voilà que tu risques d’avoir une contravention pour ne pas l’avoir utilisée. C’est incroyable! On nous répète de prendre le transport en commun et, en même temps, on nous punit parce qu’on ne prend pas notre voiture tous les jours », mentionne Hélène Caron, autre résidante de la 4e Avenue qui a reçu, elle également, une contravention.

Cette dernière a d’ailleurs déposé une pétition comprenant une cinquantaine de noms auprès de la mairie de Rosemont – La Petite-Patrie, demandant qu’on trouve une solution « à cette situation des plus désagréables. »

Ni le maire François W. Croteau, ni la conseillère du Vieux-Rosemont, Érika Duchesne, n’ont voulu commenter cette situation vécue par des citoyens de l’arrondissement.

Plainte

Du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on explique qu’« aucun constat ne peut être émis sans une plainte » concernant ce règlement.

« Il y a eu une plainte d’un citoyen qui réside sur ce tronçon concernant la présence d’un véhicule stationné devant sa demeure depuis plus de 24 h. Une fois la plainte reçue, nous avons l’obligation de faire tout le tronçon en question. C’est ce que nous avons fait dans ce cas-ci », laisse entendre le chef de section de l’application des règlements de stationnement du SPVM, Sylvain Sauvageau.

Ce dernier avoue qu’il est « très, très rare » qu’un agent de stationnement doive appliquer ce règlement. « Nos agents ne font pas ce genre de vérification de leur propre gré. Il faut une plainte. Après, on se doit d’appliquer le règlement dans son ensemble. Nous n’avons pas d’autre choix ni le pouvoir de donner un simple avertissement », justifie-t-il.

Questionné sur la pertinence du règlement, M. Sauvageau n’a pas voulu se prononcer. Il souligne tout de même qu’ « il a son utilité concernant certains cas précis. »

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