lang="fr-FR" > Karaoké sobre
Rosemont–La Petite-Patrie

Karaoké sobre

Le Kool Kafé, situé à l’angle des rues d’Iberville et Masson, fêtera dans quelques semaines ses 10 ans, dont près de neuf de sobriété. Soir après soir, l’endroit fait la preuve qu’il est possible de participer à une soirée karaoké sans boire d’alcool.

« C’est même thérapeutique, laisse entendre le propriétaire de l’endroit, Réjean Boudreau. Quand tu vas en avant et que tu es saoul, tu ne t’en souviens même pas le lendemain. Mais quand tu y vas pour la première fois depuis que tu as arrêté de consommer, tu brises une glace. Tu te sens valorisé. Les gens t’applaudissent. C’est tellement bon pour l’estime de soi. »

À l’ouverture, il était possible d’acheter de l’alcool au Kool Kafé. C’est en parlant avec les clients que le propriétaire a pensé retirer son permis de boisson. « C’était rendu que je vendais beaucoup plus de boissons énergisantes que de bières ou du fort. Les gens voulaient rester en forme pour aller chanter.

« À force de voir tous ces gens s’amuser sans boire d’alcool, j’ai décidé d’arrêter d’en vendre et, moi-même, d’en consommer. Je n’ai pas peur de dire que le Kool Kafé a changé et même sauvé ma vie. Et je sais que c’est la même chose pour bien des gens qui viennent ici. »

Il y a donc près de neuf ans, M. Boudreau changeait la vocation de son établissement et arrêtait de consommer. Depuis, il a ouvert son café à ceux qui, comme lui, pensent qu’il est possible de passer une soirée entre amis, jouer de la musique, chanter, et ce, sans prendre d’alcool.

« Près de 70 % de ma clientèle provient de fraternité comme les A.A (Alcooliques anonymes), C.A. (Cocaïnomanes anonymes) et N.A. (Narcotiques anonymes). Je vais à la sortie de leurs rencontres pour les inviter personnellement au Kool Kafé. Le reste de la clientèle, ce sont des gens, des filles surtout, qui veulent venir chanter et ne pas se faire écœurer ou draguer par des gars saouls. »

Problème

Depuis quelques mois, l’arrivée d’une discothèque pour les 14 à 18 ans située tout juste au-dessus de son établissement a cependant miné le chiffre d’affaire du commerçant. À un point tel que M. Boudreau n’exclut pas l’idée de fermer l’endroit, à moyenne échéance.

Il faut savoir que chaque soir, des centaines de jeunes se retrouvent dans ce secteur pour envahir la piste de danse de l’Anonyme. Les policiers sont sur place pour s’assurer du bon déroulement des soirées. Tout comme la Société de transport de Montréal. Cependant, comme le confirme le commandant du poste de quartier 44, Jacques Savard, de nombreuses plaintes de citoyens sont enregistrées concernant des attroupements et des bagarres qui ont lieu au coin des rues d’Iberville et Masson.

Le propriétaire de l’endroit, Ricardo Bolière, affirme pour sa part qu’il entretient de bonnes relations avec les policiers et que la situation s’améliore de semaine en semaine. « La seule chose que j’aimerais et qui pourrait encore améliorer le bon déroulement, ce serait que l’arrondissement vienne asphalter la ruelle arrière et y mette des lumières, ce qui me permettrait de faire entrer les jeunes par là et de libérer le coin Masson », dit-il.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version