Rosemont–La Petite-Patrie

Françoise David, l’indignée

Beauchemin Philippe - TC Media
Avant les indignés de Montréal. Avant même ceux de New York; Françoise David n’avait pas vu venir les événements des dernières semaines quand elle a décidé de s’assoir pour écrire, au mois d’avril dernier. Pourtant, c’est cette même indignation qui lui a fait prendre le crayon et l’a guidée à travers les idées émises dans ce carnet titré De colère et d’espoir, dont la sortie est prévue ce mardi 25 octobre.

C’est au café Mille Gusti, situé sur la rue Saint-Zotique, que Françoise David nous donne rendez-vous, l’endroit même où elle passé de nombreuses soirées à encourager ses troupes lors de la dernière élection provinciale.

« Ça faisait longtemps que je n’étais pas venue ici. Et comme je suis attachée à l’endroit, qu’il me rappelle mon combat politique, je me suis dit que ce serait bien de faire l’entrevue ici », souligne la porte-parole de Québec solidaire.

Malgré la défaite de ce 8 décembre 2008, elle poursuit, encore aujourd’hui, ce qu’elle qualifie elle-même dans son nouveau livre de « combat sans fin. »

« Des colères, des questions et de belles rencontres m’ont amenée à écrire ce livre. Mais ça fait 30 ans que je me bats pour démontrer qu’on peut mettre en place une autre société, une société qui ne sera pas au service des entreprises comme on le voit aujourd’hui. Et je sais que le message est entendu par de plus en plus de gens. Il y a l’espoir d’un changement, bientôt. Mais il faut être patient et persévérant, parce que des changements profonds dans le fonctionnement même d’une société, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Je pratique la patience active…en attendant la prochaine élection. » Car oui, elle annonce déjà qu’elle sera candidate dans Gouin lors de la prochaine élection provinciale.

De colère et d’espoir

Comme dans le titre de son deuxième ouvrage, avant cet espoir en un changement, il y a d’abord eu de la colère chez l’auteure.

« En fait, je pense que je suis encore plus en colère maintenant que lorsque j’ai écrit mon premier livre, en 2004 (« Bien commun recherché »). À l’époque, j’expliquais aux gens que nous étions à l’heure des choix et qu’il fallait choisir entre un Québec vert, écologique, solidaire ou alors, que ce pays en devenir n’existerait jamais, finalement, parce que l’individualisme gagnerait toutes les couches.

« Nous sommes maintenant en 2011 et c’est encore plus vrai aujourd’hui. On le voit, on le sent. Cette colère générale, latente, comme un volcan qui n’a pas encore fait éruption, ce n’est pas un mouvement qui s’évanouira par lui-même. Les gens choisissent de plus en plus un Québec vert et solidaire. Les citoyens sont de plus en plus au courant de ce qui se passe et veulent des changements. Mais ce qui me fâche vraiment, c’est que les dirigeants, les élus, eux, sont encore au 19e siècle et ne veulent rien changer. »

Avant les indignés de Montréal. Avant ceux de New York. Avant même le rapport Duchesneau, il y avait Françoise David, en colère.

« S’indigner dans son salon, c’est facile. S’indigner et vouloir changer les choses parce qu’on aime le Québec et les gens, c’est mobilisateur. J’ai écrit ce livre en ayant ça à l’esprit. Et je l’ai fait de manière rigoureuse. Idée par idée, chapitre par chapitre. À la lecture, on peut ne pas être d’accord avec moi, sur ce que j’avance, mais personne ne pourra dire que je parle à travers mon chapeau.

« Je veux démontrer qu’on peut changer les choses solidairement, qu’on peut s’engager dans des actions locales, dans son voisinage, dans sa communauté. À long terme, ce sont ces actions qui sont payantes, sur le plan solidaire, comme économique. Il faut donc persévérer, aimer assez les gens et le Québec pour continuer à s’indigner de la situation actuelle. »

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