Rosemont–La Petite-Patrie

546e lettre sur mon quartier

Et me revoilà! Nous nous sommes séparés pendant plus d’un mois. J’espère sincèrement que vous avez vécu de bons moments en famille cet été. Je l’espère vraiment.

Je vous reviens en cette rentrée scolaire 2012. Il s’agit d’un grand moment pour nous tous. Oui, on en a vécu des rentrées scolaires, mais chacune est unique.

J’emprunte à une enseignante l’image que je me fais d’une rentrée.

L’enseignante, l’éducatrice au service de garde, la direction d’école peuvent être comparées à des metteurs en scène. Chacun, dans son domaine, est appelé à gérer un espace, à animer des artistes, à leur faire découvrir des mots, un langage, une logique, un raisonnement, une nuance, une émotion et ce, heure après heure, jour après jour. Ce leadership exercé par le metteur en scène amène l’artiste à découvrir un monde nouveau, à aller au-delà des connaissances déjà acquises, à se libérer davantage de l’ignorance; autrement dit, le metteur en scène produit un artiste nouveau, un artiste transformé, littéralement transformé, au contact du metteur en scène, un artiste qui comprend mieux les mondes scientifique, technique, économique, social, artistique et culturel qui font la vie et, puisqu’il les comprend mieux, il peut davantage s’y insérer, y participer.

La classe, l’école, les locaux du service de garde, le laboratoire de physique et de chimie, ce sont des scènes où se joue cette relation entre le maître et l’élève, entre le metteur en scène et l’artiste, ce Mozart qui dort en chacun de ces enfants et adolescents.

Le résultat de cette action? Un élève transformé, combien plus beau, combien plus grand, à vrai dire une œuvre d’art.

Et comment réagir à ce processus de création, comment réagir face à cette œuvre d’art? On applaudit, on crie des bravos, et ce, tout au cours de l’année.

Je rêve en faisant cette comparaison? D’aucune façon. Regardez ces enfants à 5 ans, voyez la remarquable transformation qu’ils ont connue et qui font d’eux les finissants des l’école primaire et, demain, ces beaux grands gars, ces belles grandes filles, tous à la tête bien faite, qui obtiennent leur diplôme d’études secondaires.

Non, mon image de la rentrée scolaire est juste.

Mais elle est incomplète. J’ai omis certains acteurs de la transformation de ces élèves.

La rentrée scolaire des élèves et du personnel de l’éducation et la transformation qu’elle annonce ne peuvent porter des fruits réels si les éducateurs naturels des enfants, leurs parents, n’accompagnent pas ceux-ci. L’action menée à l’école par les éducateurs professionnels ne portera tous ses fruits que si les parents investissent des heures et des heures et des heures, comme c’est généralement le cas, auprès des enfants.

Accompagner, cela veut dire quoi? J’aime donner l’exemple suivant : ne jamais dire « va faire tes devoirs », dire plutôt « viens faire tes devoirs », autrement dit être assis à côté de notre enfant, même s’il est au secondaire, pendant qu’il fait ses devoirs, quitte à ne rien faire s’il peut se débrouiller seul, juste lui témoigner par sa présence physique qu’on accorde de l’importance à ses études.

Accompagner, cela veut aussi dire amener les enfants à parler de ce qu’ils ont fait et appris en classe. Pour ma part, j’aimais, au souper, poser la question suivante à mes filles : «  À quoi ont servi mes taxes aujourd’hui? Que savez-vous ce soir que vous ne saviez pas hier? » À remarquer qu’après un certain temps, mes filles me renvoyaient la question : « Qu’as-tu fait de toutes ces heures de travail aujourd’hui? » 

Bref, accompagner, c’est prendre le temps de parler de l’école, c’est choisir de parler de l’expérience scolaire de ses enfants, même quand ils sont au secondaire.

J’entends déjà certains lecteurs dont les enfants entrent à l’école secondaire me répondre : ils sont grands maintenant. Attention! Ils n’ont vieilli que de deux mois depuis la fin du primaire en juin! Deux mois! C’est vraiment peu.

Voilà donc la rentrée scolaire! Un moment spécial dans nos vies, un moment très spécial. J’ai voulu ici en signifier quelque peu la portée.

La semaine prochaine je reviendrai à la forme habituelle de mes lettres.

Bonne rentrée à tous!

Kenneth

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