François Saillant, Québec solidaire
La seule façon de mettre fin non seulement au conflit actuel, mais au sempiternel débat sur les droits de scolarité, est d’assurer la gratuité scolaire.
Il ne s’agit pas d’une utopie. La gratuité scolaire est une réalité dans les pays scandinaves. Au Québec, l’abolition des droits de scolarité et des frais afférents à l’université coûterait 440 millions $ par année, ce qui pourrait être financé simplement en rétablissant la taxe sur le capital des banques et des autres entreprises financières. Cette seule mesure dégagerait annuellement 608 millions $ de revenus additionnels, ce qui libérerait aussi les sommes suffisantes pour mettre fin aux frais de plus en plus coûteux chargés aux niveaux primaire, secondaire et collégial. En 2011, les six plus grandes banques canadiennes ont au total engrangé des profits de 25,5 milliards $. Ne peuvent-elles pas contribuer au respect du droit à l’éducation ?
Jean-François Lisée, Parti québécois
D’abord, on va annuler la hausse prévue de 82 % des droits de scolarité. Imaginez, 82%, c’est malade! Immédiatement, on va abroger la loi 78, dénoncée par le Barreau, l’ONU et Amnistie internationale comme contraire aux droits fondamentaux.
Ensuite, on va faire le contraire de Jean Charest qui, lui, a rompu les négociations avec les étudiants, exprès pour faire une élection sur leur dos. C’est honteux.
Nous, on va respecter les étudiants et on va négocier avec eux, de bonne foi. Ils doivent contribuer au coût des études, c’est sûr. Mais d’une façon raisonnable. Au maximum, on va indexer les droits de scolarité actuels et, dans un sommet, on va discuter de toutes les sources de financement pour une éducation supérieure, de qualité, abordable.
Johanne Lavoie, Option nationale
Le conflit étudiant est né d’une hausse extraordinaire des frais de scolarité de 82% imposé par le gouvernement. Une des mobilisations étudiante les plus importantes de toute l’histoire du Québec a vu le jour. Les Québécois contre la hausse se sont rassemblés pour dénoncer une vision libérale de l’éducation orientée vers une marchandisation du savoir.
Pour mettre fin au conflit, Option nationale propose d’annuler la hausse, d’abroger la loi 12 et d’instaurer la gratuité scolaire balisée de la maternelle jusqu’au doctorat. L’éducation pour Option nationale est la clé de la prospérité et du bien-être à long terme de la société. Il faut la voir non pas comme une dépense, ou un bien de consommation, mais comme un investissement d’une grande valeur. Elle ouvre la porte à la nécessaire innovation et à la création du savoir qui permettront aux économies de se démarquer.
Madwa-Nika Cadet, Parti libéral du Québec
Le gouvernement libéral a adopté un plan de financement des universités équilibré et équitable ainsi qu’une hausse annuelle des droits de scolarité de 254$ pendant 7 ans, qui représente, après l’application du crédit d’impôt, 0,50$ par jour. Pour assurer l’accessibilité aux études, nous avons annoncé une bonification des prêts et des bourses. Ainsi, les étudiants les moins favorisés ne subiront aucun impact, car la hausse des droits de scolarité sera compensée sous forme d’aide financière. Puis, le gouvernement libéral a proposé la mise en place d’un régime de remboursement de la dette d’études proportionnel au revenu, une mesure proposée par l’aile jeunesse du PLQ dont je suis fière! Enfin, les mesures apportées par notre gouvernement ne diminuent pas l’accessibilité aux études et les universités demeurent compétitives tout en restant les moins chères du Canada. Le gouvernement continuera d’investir dans l’éducation, mais les étudiants doivent faire leur juste part!
Léo Fradette, Coalition avenir Québec
La Coalition avenir Québec a dévoilé son plan pour un retour en classe avant le déclenchement des élections. Le chef François Legault a toujours favorisé une résolution paisible négociée plutôt qu’un retour forcé. J’affirme qu’un gel des frais de scolarité ou la gratuité ne sont pas acceptables.
La réduction des hausses prévues des frais de scolarité de 254$ par an sur 7 ans à 200$ par an pour cinq ans est plus que raisonnable. Le plan que nous proposons prévoit que les universités déposeront un plan de rationalisation et répond aux craintes qu’une hausse trop rapide limite l’accessibilité aux études universitaires. Nous majorons les frais de scolarité afin d’assurer un financement adéquat des universités tout en modulant le tout à la baisse pour éviter un choc tarifaire trop marqué.