Au total, le Groupe pour la persévérance scolaire-Montréal veut rencontrer 2000 commerçants du secteur, dans le but de recueillir des fonds qui seront par la suite distribués au milieu scolaire et auprès des organismes communautaires qui œuvrent spécifiquement en matière de persévérance scolaire.
De plus, les entrepreneurs ciblés devront respecter dix engagements favorisant la scolarité. Parmi ceux-ci, notons l’encouragement des études auprès des étudiants employés, une offre de stage, la mise en place d’un programme de mentorat et l’appui monétaire (200$) à la persévérance scolaire.
« On ira à la rencontre des employeurs pour s’assurer qu’ils adoptent des pratiques favorisant la conciliation travail-études. On pense, entre autres chez les professionnels de la santé, à ne pas donner de rendez-vous durant les heures scolaires. On veut aussi qu’ils s’engagent à ne pas donner plus de 20 heures par semaine de travail à leurs étudiants employés, jamais plus de deux soirs de suite de travail et, surtout, pas de quart de travail de nuit. Vous savez, en plus des parents, de l’école et l’élève, le milieu des affaires a aussi un rôle à jouer dans la poursuite des études et on veut les sensibiliser sur ce point », mentionne Émilie Guérin, agente de sensibilisation au Programme Équi T-É.
Le porte-parole de ce nouveau groupe et de la campagne de financement qui y est associée est le comédien Marc Béland. Un conseil des gouverneurs est également formé pour l’occasion, dont fait partie le maire de l’arrondissement, François W. Croteau.
Ce dernier explique pourquoi la persévérance scolaire est importante pour lui : « Voyez-vous, je proviens d’une famille d’ouvriers où les études ne sont pas valorisées. Chez nous, la valeur fondamentale est le travail et, à 20 ans, on doit avoir une bonne « job », un plan de famille et une maison. Moi, j’étais plutôt le mouton noir et j’étais intéressé par les arts et la culture. J’ai donc fait un DEP, puis je me suis inscrit à l’université en tant qu’étudiant adulte, où j’ai complété un BAC tout en travaillant 25 heures par semaine. J’ai poursuivi encore plus loin mes études et fait un MBA et, finalement, un Doctorat. Je dois cela à ma persévérance scolaire, mais aussi au bas frais de scolarité, sans quoi je n’aurais pas obtenu toute cette scolarisation. Voilà pourquoi je m’implique dans ce combat pour des études accessibles pour tous et que je vais continuer de le faire toute ma vie », a-t-il dit lors du lancement de la campagne, qui s’est tenue le 5 juin dans les bureaux de la CDEC Rosemont – La Petite-Patrie.
Le taux de décrochage dans le quartier de La Petite-Patrie est actuellement de plus de 30 %. À l’école secondaire Père-Marquette, il a déjà été de plus de 50 %, avant de diminuer à 32 % dans les dernières années.