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Rosemont–La Petite-Patrie

Ruelle responsable

Beauchemin Philippe - TC Media
Les Productions de la ruelle reçoivent le prix Pierre-Berton, plus haute distinction remise par la Société d’histoire nationale du Canada, pour le projet multimédia J’ai la mémoire qui tourne . Une distinction « lourde de responsabilité » qui ouvrira des portes dans le reste du pays pour la petite boîte de production.

C’est seulement la deuxième fois que ce prix visant à « souligner l’excellence des personnes qui contribuent à faire connaître l’histoire à un plus vaste public » est remis à des Québécois. La seule autre fois, c’était en 1996, à l’historien Jacques Lacoursière.

« En plus, on a su que les juges ont été unanimes dans leur décision… C’est rare que les choses provenant du Québec fassent consensus dans le reste du Canada », dit la productrice Guylaine Maroist.

Cette reconnaissance, Mme Maroist et son conjoint, Éric Ruel, autre tête d’affiche des Productions de la ruelle, l’apprécie grandement. Pour eux, c’est un peu comme s’ils venaient de remporter un Oscar.

« Ça prit sept ans de travail pour en arriver là. On se souvient du temps où on était seul à regarder les films de famille. Nous, on connaissait la valeur des archives qu’on avait entre les mains, on savait qu’il fallait en faire quelque chose, mais il nous a fallu convaincre des diffuseurs de nous suivre, et ça, ce fut difficile. Les décideurs ne comprenaient pas l’intérêt de montrer des films de familles à la télévision. »

Finalement, c’est Historia qui a embarqué dans l’aventure J’ai la mémoire qui tourne. Les séries, découpées par thème (l’hiver québécois, les mariages, les fêtes, les saisons, etc.) connaissent, depuis leur diffusion il y a 3 ans, un grand succès populaire.

En est suivi un site Internet interactif, une zone éducative et historique pour les professeurs et étudiants, de même qu’un genre de You Tube rétro, où l’ont peut regarder ce qui c’est filmé au Québec entre les années 1920 et 1990.

« Au départ, rappelle M. Ruel, c’était pratiquement un projet personnel de documentaire historique. On avait tous ces films entre les mains et on savait qu’on avait le devoir et la responsabilité de les diffuser et les rendre accessibles. Puis, au fil des ans, c’est devenu aussi un projet éducatif, alors que les professeurs d’histoire et les étudiants des niveaux primaire et secondaire ont embarqué dans l’aventure. Il faut voir le « pep » dans les yeux des jeunes… Pour la plupart, ils n’avaient jamais vu de films en noir et blanc venant du Québec. Ils avaient vu Elvis, la guerre, mais rien provenant d’ici.

« Là, poursuit-il, j’ose dire que c’est devenu un projet de société. On est maintenant reconnu sur la scène nationale et les familles québécoises comptent sur nous pour numériser leurs films. On a donc une responsabilité. J’ai l’impression d’avoir entre les mains le matériel et les outils pour peut-être changer complètement la façon d’enseigner l’histoire et ainsi marquer une ou deux générations. Vous savez, quand vous connaissez votre histoire immédiate, vous avez envie d’y participer, de vous impliquer, de faire un bout pour changer la société elle-même. »

Pour voir les projets des Productions de la ruelle : www.productionsdelaruelle.com.

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