Rosemont–La Petite-Patrie

La bibitte Samuel Archibald

Beauchemin Philippe - TC Media
Il parle. Beaucoup. Il est passionné par l’écriture. Par Arvida, surtout. La ville, oui, mais surtout le livre, le sien, qui vient de gagner le prix des Libraires.

L’auteur-professeur commande un café. Lors de notre entrevue, qui se déroule à la Brûlerie Saint-Denis de la rue Masson, Samuel Archibald n’aura pas le temps d’y goûter. Ou si peu. La discussion entourant le prestigieux prix qu’il s’est mérité avec la parution de son premier roman, un recueil de nouvelles du nom d’Arvida, prend toute la place.

« Je l’ai appris une semaine environ avant la remise officielle [du prix]. Par contre, je n’avais pas le droit de le dire à tout le monde, donc, quand des gens me demandaient : « vas-tu gagner, tu penses? », c’était bizarre comme sensation. Bon, en même temps, ce n’était quand même pas le bâillon de la Loi 78! Je l’ai dit à mes amis, à ma femme… de toute façon, on ne cache jamais rien à sa femme! »

Le résident du Vieux-Rosemont ne sait pas à quoi est dû exactement le succès de son livre auprès des libraires. « J’aimerais le savoir hors de tout doute! Ce prix, c’est la création des libraires, alors il faudrait leur demander à eux. Le côté OVNI ou bibitte de mon livre aurait pu nuire, mais au contraire, il a plu aux libraires et aux lecteurs. On l’a souvent décrit comme un genre de Fred Pellerin, de Stephen King aussi… C’est ça, oui, mais ce n’est pas la même chose pantoute en même temps.

« En tout cas, je suis bien content, parce qu’au départ, quand j’ai sorti mon livre, j’espérais juste aller chercher quelques bonnes critiques ici et là. Et voilà que je me retrouve avec ce prix prestigieux. C’est juste un cadeau. Ce que j’ai vécu, c’est très, très rare que ça arrive.

« Et non, ça ne me donne pas une pression additionnelle pour mon prochain livre, répond t-il sans qu’on ne lui ait posé la question. Au contraire, ça me sécurise. La liberté de création que ça donne, c’est fantastique, parce que je sais maintenant que mon prochain projet, les gens espèreront qu’il soit aussi dingue que Arvida. »

L’auteur, en plus de travailler sur un deuxième roman qui sera, de son propre aveu, « une véritable patente à gosse », écris actuellement pour le théâtre. Une première dans son cas.

« Des gars m’ont appelé pour que je leur écrive quelque chose. Je suis content parce que ça me sort d’Arvida. C’est un véritable chat à neuf vies ce livre-là! Chaque fois que je pense que ça va finir, voilà qu’il refait surface dans les médias. Mais il faudra bien que ça s’arrête un jour et que je passe à autre chose. C’est ce que le théâtre me permet, justement.

« Comme c’était la première fois que je touchais à cette forme d’écriture, j’ai appelé Michel Marc Bouchard (créateur, entre autres, des Muses Orphelines et de Tom à la Ferme) pour qu’il me coach. Quand j’ai raccroché, je me suis rendu compte de ce que je venais de faire : je venais d’appeler Michel Marc Bouchard pour qu’il m’aide! Et le plus drôle, c’est qu’il a dit oui! C’est ce que fait un prix comme celui des Libraires; ça ouvre des portes. »

Le café maintenant froid et l’entrevue terminée, Samuel Archibald nous quitte rapidement. Un autre projet l’attend.

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