Les établissements de l’arrondissement munis d’un système complet ont toutefois une bien plus grande capacité d’accueil de résidents que ceux qui n’en ont pas ou qui n’en ont qu’un partiel. Si bien que plus de 88 % des unités locatives se trouvent dans des immeubles munis de dispositifs.
La question des gicleurs est à l’avant-plan depuis la tragédie de la résidence du Havre à L’Isle-Verte. Seule une partie de l’établissement était munie de ce type de dispositif. Au moment de mettre sous presse, le dernier bilan de la Sûreté du Québec (SQ) faisait état de 10 morts et 22 disparus.
Près d’un an avant l’incendie, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, s’inquiétait du manque de gicleurs dans les résidences privées pour aînés.
« Faut-il attendre qu’on ait un drame, M. le Président, avant d’implanter des règles claires pour les résidences qui accueillent des gens en perte d’autonomie? », avait-il demandé à l’Assemblée nationale en février 2013. Du même souffle, il avait mentionné que les nouvelles règles pourraient prévoir la présence de gicleurs.
Or, le nouveau processus de certification décrété depuis par Québec ne rend pas obligatoire l’installation de gicleurs. Les établissements doivent par contre établir un plan de sécurité qui doit inclure entre autres des mesures d’évacuation en cas d’incendie.
Selon Louise Desrosiers, chef de section à la prévention au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), un système de gicleurs peut aider à sauver des vies, mais ce n’est tout de même pas la panacée.
« La fonction première de ce dispositif est de ralentir et de confiner l’incendie pour donner un peu plus de temps à l’évacuation. Mais il faut comprendre que ce n’est pas le feu en tant que tel qui va tuer les gens, mais plutôt la fumée. Il peut y avoir énormément de dégagement de fumée avant même que le premier gicleur ne se mette en fonction. »
Le SIM est l’un des partenaires du programme de certification. Il procède à l’inspection des bâtiments et fait des exercices d’évacuation afin de s’assurer que tout est conforme aux normes.
Selon Mme Desrosiers, le délai raisonnable d’évacuation varie en en fonction du genre de bâtiment et le type de clientèle qui le fréquente. En moyenne, elle doit pouvoir s’accomplir entre huit et 11 minutes. À Montréal, les 240 résidences se sont conformées à cette exigence.