Il est tout à fait normal que le printemps nous dynamise, nous redonne une énergie esquintée par la froidure hivernale. Il est tout à fait naturel d’avoir le goût d’un renouveau de quelque nature que ce soit. Mais satisfaisons-nous un besoin personnel ou répondons-nous à la publicité qui nous harcèle quand nous nous présentons au centre commercial? Même si nous répondons par l’affirmative, combien d’entre nous ne disent-ils pas : « Cet objet était tellement beau que je n’ai pu résister! Je n’en avais pas vraiment besoin… mais il est tellement beau! » Nous sommes des consommateurs avides de nouveautés et de mille objets plus ou moins nécessaires à notre bien-être. Acheter devient quasiment un réflexe spontané de notre quotidien. Rien de surprenant puisque nous sommes dans une société de consommation conçue pour faire fonctionner l’industrie… qui fait travailler et fait fonctionner la bourse…
Sans nous en apercevoir, plusieurs de nos réflexes de consommateurs sont tissés depuis longtemps dans la trame de nos habitudes. Dans la première moitié du siècle passé, après les deux guerres mondiales, on a vite compris que pour faire vivre une population qui devenait de plus en plus urbaine, il devenait inévitable de produire des objets qu’il fallait de toute nécessité renouveler régulièrement. On a vite mis en place une durée limitée des produits, on a rendu impossible toute réparation et on a fait évoluer les modes et les techniques qui incitent au remplacement d’un objet devenu obsolète. Et tandis que nous achetons quasi aveuglément nos ressources premières se raréfient, de la pollution de toute sorte atténue magistralement l’équilibre de la vie atmosphérique de notre belle terre.
Aujourd’hui, nous devenons conscients de cette problématique devenue planétaire. Nous sommes submergés et comme engloutis dans ce tsunami de la consommation habituelle, obligatoire et parfois fantaisiste. Nous achetons spontanément. Comme un enfant qui va s’amuser. Sans nous rendre compte que nous sommes les cibles préférées des milliardaires qui empochent nos petits dollars.
Mais si nous prenons conscience que nous vivons tout de même dans une démocratie qui respecte notre liberté, nous saurons que l’obsolescence programmée par le capitalisme ne pourra pas avoir impunément encore longtemps la main mise sur nous et sur nos sociétés. Depuis quelques années, n’entendons-nous pas parler de surconsommation et de développement durable dans le but avoué de protéger notre planète? Ne serait-ce pas un petit signe que pas à pas, nous nous acheminons vers une conscience planétaire qui fera de l’homo sapiens non pas un simple consommateur, mais une personne adulte consciente et responsable. Une personne heureuse de bien vivre dans un environnement respecté.
Au moment où je rédige mon Point de vue, je m’aperçois soudainement jusqu’à quel point je suis immergée dans l’obsolescence programmée… bien malgré moi. La tentation est forte d’abandonner tout redressement de cette situation si complexe. Cependant, pour reprendre courage et croire au pouvoir de ma liberté, j’oserai résister à un achat compulsif, je ferai fi du passé mode à tout niveau, je récupérerai ce qui peut l’être et je me garderai de surconsommer… et sans doute mes cartes de crédit s’essouffleront-elles beaucoup moins! Et notre terre s’en réjouira en secret! Et l’obsolescence sans doute disparaitra-t-elle tout doucement!
Joyeux printemps!