Saint-Léonard

Née pour donner

Du plus loin qu’elle puisse se souvenir, celle que tous surnomment Loulou (Louise Grenier), a toujours aimé donner aux autres. Le 6 mai dernier, elle recevait la médaille du Lieutenant-gouverneur pour les aînés afin de souligner son engagement bénévole dans la communauté léonardoise.

Les yeux pétillants, le sourire illuminant et le rire contagieux, Louise Grenier reste modeste lorsqu’on lui parle de la médaille qu’elle a reçue. Bien qu’elle soit consciente qu’elle est très présente auprès des personnes âgées de l’arrondissement, depuis maintenant 20 ans, celle qui conserve son cœur d’enfant confie connaître plusieurs personnes qui auraient également mérité la médaille.

« J’ai de la misère à accepter ça. J’ai l’habitude de donner, mais de recevoir… c’est difficile. Ça me prend du temps à me dire que je le mérite », admet-elle.

C’est la responsable du Centre des aînés du réseau d’Entraide de Saint-Léonard, Johanne Pitt, ainsi que ses collègues qui ont décidé d’inscrire Louise au programme de distinction honorifique.

« Au centre, toutes les bénévoles méritent la médaille. Mais Loulou, c’est pour souligner l’ensemble de son œuvre. Sa vie, c’est du bénévolat. C’est une action bénévole digne de mention. Elle ne veut jamais qu’on la remercie et qu’on lui dise qu’elle est bonne. C’était notre façon de souligner son travail », indique Mme Pitt.

Pour Louise, partager est quelque chose d’inné. Depuis toute petite, elle se souciait du bien-être des autres avant le sien. Aujourd’hui âgée de plus de 70 ans, Louise est activement engagée au sein de différents organismes. Jour après jour, elle accompagne les résidents des centres pour personnes âgées à leurs rendez-vous en plus d’aider durant les heures de dîner pour leur donner leur repas. Même lorsqu’elle part en voyage, Louise remplit sa valise d’objets à donner aux résidents.

Quel est le secret de Louise pour rester forte? Elle avoue ne savoir d’où lui vient toute cette force.

« Je suis très sensible. Il y a des personnes que j’accompagne qui suivent des traitements contre le cancer. Je m’attache à elles. Il y en a que je sais qui n’en ont plus pour longtemps et je ne veux pas qu’elles partent. Des fois, je pleure, mais je continue parce que je sais qu’il y en a d’autres qui auront besoin de moi », dit-elle songeuse.

Un hommage à sa fille

En 2001, Louise doit surmonter une grande épreuve alors que sa fille s’enlève la vie.

« Je faisais beaucoup de bénévolat avec ma fille. À l’époque, je travaillais dans une cantine et elle me demandait toujours de garder la nourriture que je n’avais pas vendue pour aller la porter aux itinérants. Les samedis matin, on se levait tôt pour aller sur Sainte-Catherine et on distribuait des sacs avec de la nourriture aux sans-abris », raconte-t-elle.

Malgré son chagrin, Louise a décidé de continuer à faire du bénévolat pour rendre hommage à sa fille. Chaque geste qu’elle pose est selon elle, une étoile de plus pour honorer sa complice de bienfaisance.

Le jour de la cérémonie de remise de médaille, Louise a eu une pensée pour sa fille en passant devant le Jardin botanique.

« Quand j’ai reçu ma médaille, j’ai regardé vers le haut et j’ai dit à ma fille « tu peux être fière de ta mère » », mentionne Louise.

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