Pour favoriser les interventions auprès de leur clientèle atteinte de troubles cognitifs, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Saint-Michel−Saint-Léonard s’est doté en octobre 2010 d’un robot japonais: le blanchon mécanique Paro. Le Progrès Saint-Léonard s’est entretenu avec les deux instigatrices du projet au Québec pour démystifier Paro et comprendre son utilisation.
Paro est un robot conçu en 2003 par un médecin japonais, Takanori Shibata. Doté de trois ordinateurs internes, Paro est un bébé phoque qui est utilisé comme outil thérapeutique supplémentaire pour cette clientèle spécifique. Par l’intermédiaire de Paro, les intervenantes des centres d’hébergement peuvent stimuler des réactions chez les résidents et intervenir auprès d’eux. Si le CSSS Saint-Michel−Saint-Léonard a opté pour cette forme de thérapie robotisée, c’est pour les avantages qu’elle offre.
Au Québec, le seul centre à posséder ce blanchon de 6000 $ est le CSSS Saint-Michel−Saint-Léonard, qui en possède deux depuis octobre 2010.
« [Le médecin] s’est demandé quel animal il pouvait prendre. Un chien, un chat ? Il a choisi le blanchon, car c’est un animal avec lequel on n’a pas d’attente puisqu’on ne sait pas comment il se comporte dans son milieu naturel », indique la recréologue au CSSS Saint-Michel−Saint-Léonard Nadine Léger.
Paro est muni de senseurs un peu partout sur son corps. Grâce à ces points de pression, l’animal réagit au toucher des résidents en émettant des sons ou en bougeant certaines parties de son corps.
« Il est également sensible à la lumière. Par exemple, le jour il est plus énervé. Si la lumière est tamisée, il est plus calme. Paro est aussi muni d’un capteur de son qui après quelques interventions avec un même résident, pourra reconnaître sa voix », explique la technicienne en éducation spécialisée, Céline Lacroix.
Le blanchon, qui est fabriqué avec de la fourrure synthétique antiallergène, est également sensible à la chaleur. Lorsqu’un résident le prend dans ses bras, l’animal est plus calme que lorsqu’il est sur une surface plane, comme une table. Ayant une durée de vie de dix ans, Paro est renvoyé à la compagnie qui le produit tous les deux ans afin d’être mis à jour. Le blanchon fonctionne exactement comme un appareil électronique, il doit être rechargé après son utilisation avec une batterie.
Pourquoi un animal robotisé?
Bien qu’elles reconnaissent les bienfaits que peut avoir la présence d’un vrai animal chez un résident, Mmes Léger et Lacroix peuvent davantage intervenir lorsqu’elles utilisent Paro.
Lorsqu’on animal tel qu’un chien est utilisé, ce dernier peut avoir des réactions spontanées. De plus, un animal dressé doit prendre des pauses entre ses interventions. Ayant une autonomie de fonctionnement de deux heures, le blanchon s’adapte au comportement de chaque personne. De plus, la disponibilité d’un animal dressé est plus limitée. Paro demeure, quant à lui, disponible à toute heure du jour.