Ils n’ont que 10 ans mais déjà ils s’inspirent des grands peintres pour créer leurs propres oeuvres! Des élèves de cinquième année de l’école primaire Wilfrid-Bastien présentent jusqu’au 20 juin, l’exposition « L’abstraction en action » au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM).
Faisant partie d’une classe à vocation artistique, les 26 élèves de Marie-André Manseau ont commencé leur processus de création en novembre dernier.
L’enseignante, qui est également muséologue, les a initiés à l’art québécois à travers l’histoire, de Paul-Émile Borduas à Jean-Paul Riopelle en passant par les automatistes.
Pour Mme Manseau l’art et la culture servent de médium pour le développement de l’esprit critique de ses élèves. Les musées sont pour elle, un outil supplémentaire qui permet aux jeunes de mettre des images sur leur apprentissage.
« Il ne faut pas oublier que les musées conservent un patrimoine qui appartient à tout le monde. Souvent on a l’image que les gens qui vont au musée sont des gens d’une classe plus aisée, mais au contraire on devrait le voir comme un lieu de patrimoine accessible », explique-t-elle.
Dès le mois de novembre, l’enseignante a commencé à aborder l’abstraction avec ses élèves. Mme Manseau qui a conçu un guide pédagogique, Nouvelles Vagues Borduasiennes, s’en est servi pour préparer les rencontres entre les jeunes et les œuvres des grands peintres.
Ils ont d’abord travaillé avec Paul-Émile Borduas et les automatistes, où ils ont exploré le noir et blanc. Elle a même fait peindre des vieux paquets de cigarettes aux jeunes tels que le faisait Borduas. Les petits artistes ont également exploré la couleur, qui était utilisée par les automatistes pour donner de la texture à leurs œuvres.
Mme Manseau, les a ensuite initiés à la gestuelle en abordant Jean-Paul Riopelle. Les élèves ont pu exprimer en mouvements leurs émotions en peignant une image qu’ils ont intitulée Paysage intérieur.
Les élèves ont aussi participé à deux ateliers de création sous la supervision de Luc Guillemette responsable des ateliers de création au MACM.
Refus Global 3.11
Le 16 juin, les élèves du groupe de Mme Manseau ont invité parents, amis et citoyens de Saint-Léonard à leur vernissage. Tous avaient un rôle à jouer dans le déroulement de l’événement.
Afin que tous puissent comprendre la démarche derrière l’image, des élèves ont agi à titre de médiateurs culturels. D’autres étaient des agents de sécurité et devaient s’assurer que les participants ne s’approchent trop près des œuvres.
Une performance théâtrale a également eu lieu. Intitulée Refus global 3.11, la pièce rend hommage au manifeste publié par Borduas en 1948.
« Avec les élèves nous avons choisi ce titre pour souligner le travail de Paul-Émile Borduas. C’est une élève qui a suggérer d’y ajouter le 3.11, qui se réfère à notre groupe et qui rappelle cette époque où les chiffre étaient utilisés pour nommer les œuvres et ainsi les dépersonnaliser », confie l’enseignante.