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Saint-Léonard

Pronto!

« Dring! Dring! Dring! » « Allô!  Bonjour!  Hello!  Hullo! Pronto! »   Peu importe notre langue, dès que le téléphone sonne nous nous  hâtons de répondre.  À l’autre bout du fil quelqu’un désire nous parler.  C’est un parent, un ami, un appel important attendu pour continuer une démarche, une publicité quelconque  ou quelqu’un s’est trompé de numéro!  En cette époque dite des communications, plusieurs ont même leur appareil incrusté discrètement dans le pavillon de leur oreille et causent gentiment avec quelqu’un tandis qu’ils vont et viennent à droite et à gauche!  Nous communiquons!  Mais quoi?  À qui?  Pourquoi?  Comment?  Quand?  Et quelle est la qualité de la communication?  Son importance?

Avant même d’arrêter pour réfléchir à ce petit questionnement, il devrait y avoir un comportement essentiel dans notre attitude : l’écoute. Une fois le Allô! prononcé, il ne faut pas être sourd, distrait, pressé, occupé mentalement ailleurs, ennuyé, sur nos gardes et bourrés de jugements tandis que l’autre commence à me parler. Même si la personne qui m’appelle est un proche qui désire simplement faire causette ou une personne qui me fixe un rendez-vous, je me dois d’être présente à son écoute dans le respect dû à sa personne.

Cette attitude est évidemment de la plus haute importance quand nous sommes face à notre interlocuteur. Quand nous n’entendons que distraitement ce que l’autre nous dit, nous sommes d’ores et déjà fermés à ce qu’il nous dit, nous sommes sourds. Nos paroles ne deviennent que des mots qui remplissent le silence entre nous deux. Rien n’est possible. Et notre vis-à-vis nous dira peut-être : «Mais tu ne m’écoutes pas! Tu ne comprends rien à ce que je te dis! »

À propos de ce type d’échanges verbaux nous entendons souvent dire : C’est un dialogue de sourds! Est-ce vraiment un dialogue si d’un côté il manque l’ouverture nécessaire à un échange? Tant que je n’ai pas répondu à la sonnerie de mon téléphone, la communication n’est pas embranchée! C’est l’évidence! Alors, pourquoi n’est-ce pas aussi évident qu’il nous faille nous ouvrir sans jugement à ce que notre interlocuteur a à nous communiquer?

Nous sommes fermés à l’autre, même si des échanges verbaux se multiplient entre nous deux, tant que nous portons un regard hautain sur l’autre en le jugeant à partir de notre point de vue. Ce regard hautain que nous abaissons sur l’autre, si nous y regardons de près, est souvent notre peur personnelle masquée sous une apparente suffisance. Peu importe l’âge, la condition civile, sociale ou familiale des interlocuteurs en présence.

Dans le conflit générationnel, politique et social que nous vivons actuellement au Québec, il me semble que le cri de nos jeunes en est un qui demande simplement à être écouté attentivement comme interlocuteur valable malgré leur jeune âge. Leur cri s’amplifie. Qui les écoutera vraiment? Pourquoi et comment seront-ils écoutés? Quelle qualité d’écoute leur accordera-t-on? Leur accordera-t-on l’importance qu’ils ont comme personne, espoir de notre avenir?

Si les médias leur donnent une vitrine d’où ils peuvent exprimer leur besoin et leur malaise, il ne faut pas oublier l’attention personnelle de chacun d’entre nous auprès de chaque jeune qui vit dans notre entourage.

Espérons maintenant que notre Premier Ministre réponde personnellement à l’appel viscéral que lui lance depuis si longtemps les jeunes, avenir du peuple québécois qu’il gouverne. « Dring! Dring! Dring!! Dring! »

Pour terminer, vérifions notre écoute :

Et la loi des lois de l’écoute, c’est d’entendre chacun en sa parole actuelle, sans prétendre lui imposer un autre parler, c’est-à-dire sans lui refuser d’être là où il en est.

Le plus prudent est donc d’écouter tout sans faire de choix. Le choix se fera dans l’écoute même : c’est tout autre chose. N’écouter que les failles, lapsus, etc, c’est une écoute agressive : c’est être d’abord, pour celui qui parle, le refus de ce qu’il donne à entendre : ce n’est pas le bon chemin. L’écoute n’est pas soupçon. P. 80

Et qu’est-ce qui se donne à écouter?

C’est d’abord le travail de vérité comme tel, ce travail qui naît là.

« …..et les forces réprimées, les désirs méconnus enfin parlent. Aurore de la vie. » (L’écoute, Maurice Bellet,1989)

DRING!!! DRINGGG!!! DRINGGG!!!!

 

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