– Ça m’est arrivé l’an passé.
– Tu as donné ton numéro de carte de crédit?
– Jamais de la vie!
Fraudes par téléphone, abus sous différentes formes, âgisme et préjugés: les thèmes abordés lors de la conférence s’inscrivant dans le cadre du programme Aîné-Avisé a suscité des discussions intéressantes parmi les personnes venues y assister à la Maison Jean-Brillant, dans Saint-Henri.
Aîné-Avisé est né de la collaboration entre le Réseau FADOQ, le plus important regroupement de personnes de 50 ans et plus de la province, la Sûreté du Québec et le Centre de Santé et de Services sociaux Cavendish. C’est le premier programme d’information sur l’abus et la fraude destiné aux aînés. Par le biais de séances d’information, un policier et un bénévole rencontrent les personnes dans leur milieu pour répondre à leurs questions et les référer vers des ressources appropriées.
L’agente Nathalie Legros, du Service de police de la Ville de Montréal, et Gisèle Bisaillon, bénévole du Réseau FADOQ, ont animé la rencontre.
Elles ont présenté des capsules vidéo traitant des préjugés liés à l’âgisme, des fraudes téléphoniques, de quelques-unes des formes que peut prendre l’abus envers les aînés.
La rencontre aura été pour Nathalie Legros et Gisèle Bisaillon l’occasion de rappeler quelques conseils de base, notamment en ce qui concerne la façon sécuritaire de disposer de documents personnels pour éviter les fraudes et le vol d’identité. «Il y a des spécialistes fouilleurs de poubelles», a insisté Gisèle Bisaillon. «Une déchiqueteuse, ça ne coûte pas cher.»
Gare aussi à ces coups de fil venus de nulle part pour proposer une offre incroyable, dont on peut profiter pour peu que l’on donne son numéro de carte de crédit sur-le-champ. «Quand il y a de la pression, du genre « l’offre prend fin aujourd’hui », ce n’est pas bon signe», a insisté Mme Bisaillon. «S’il y a un petit « clic » dans votre tête, méfiez-vous, a-t-elle conseillé. Il faut écouter notre conscience quand il y a un petit doute, quand c’est trop beau pour être vrai…»
En ce qui concerne les abus physiques, psychologiques ou financiers, «dénoncer n’est pas toujours facile», a reconnu Nathalie Legros. Encore plus quand il s’agit d’un parent. «Le système judiciaire, c’est gros, ça fait peur», a pu constater la policière, mentionnant «qu’il y a toutefois d’autres façons de régler le dossier». «L’important, c’est de ne pas avoir peur de vous tenir debout, de dire que c’est inacceptable», a rappelé Gisèle Bisaillon.
On peut obtenir plus d’information sur le programme Aîné-Avisé au www.montreal.fadoq.ca/aineavise/fr/Accueil/.