Sud-Ouest

Volet alternatif à Charles-Lemoyne: l’école autrement

Il aura fallu deux ans pour élaborer le projet, et c’est maintenant chose faite: depuis la rentrée, une soixantaine d’enfants sont inscrits au nouveau volet alternatif de l’école primaire Charles-Lemoyne située dans Pointe-Saint-Charles.

Dix mères et un père ont piloté le dossier avec passion. Ils souhaitaient scolariser leurs enfants suivant la pédagogie alternative et ce, dans leur quartier. On parle d’une pédagogie qui encourage les parents à s’impliquer, qui respecte le rythme d’apprentissage des enfants, qui stimule leur créativité.

Les parents intéressés par cette approche devaient envoyer leurs enfants dans des écoles de l’extérieur du quartier, dans Notre-Dame-de-Grâce ou sur le Plateau, donne en exemple Violaine Cousineau, commissaire à la Commission scolaire de Montréal et membre du groupe de parents fondateurs.

«Il y avait un manque dans le Sud-Ouest», note Caroline Di Cesare, aussi membre fondatrice. «Nous, on voulait changer le monde», dit-elle. «On a la volonté de prendre une part active dans tout ce qui touche aux enfants.»

Le volet compte deux classes au préscolaire et une classe combinée de 1ère et 2e année.

«La coéducation fait partie du projet, explique Catherine Dion, membre fondatrice qui possède une solide expérience en enseignement. Le parent est en classe avec l’enfant.» Autre différence avec le programme régulier: «On se donne du temps pour faire les apprentissages», dit-elle. «On n’est pas dans une dynamique de performance», poursuit Mme Dion. Pour évaluer les apprentissages, un bulletin descriptif et non chiffré, précise Violaine Cousineau.

La nature

Le programme est axé sur la nature.

«Le développement d’un volet « nature » est novateur en contexte urbain», indique Mme Cousineau. Apprentissages au grand air, pratique de l’agriculture en milieu urbain, sorties hebdomadaires dans des espaces verts, autant d’éléments qui étaient essentiels pour les parents. «C’est important pour l’enfant d’être à l’extérieur, en contact avec la nature, de sortir dehors tous les jours», insiste Dominique Lynch-Gauthier, mère fondatrice. On désirait aussi un projet ouvert sur le quartier, rappelle Teprine Baldo, qui était aussi là dès la première heure. Les citoyens ont en effet accès à la production du potager cultivé par les écoliers. «C’est une manière de redonner à la communauté», dit-elle. On voulait partager.»

Charles-Lemoyne est une école publique. «Il n’y a pas de processus de sélection pour le volet», signale Violaine Cousineau, qui évoque plutôt un processus d’adhésion des parents. «Il faut avoir le goût de ça», dit-elle. Les places disponibles font l’objet d’un tirage parmi les demandes reçues. Elles sont accordées en priorité aux enfants qui résident sur le territoire de l’école Charles-Lemoyne, qui habitent Pointe-Saint-Charles et qui habitent le Sud-Ouest.

Le programme en est à ses débuts, et les parents nourrissent de grands espoirs pour leurs enfants. «Je veux qu’ils développent leur capacité de créer», confie Catherine Dion. «Je veux qu’ils apprennent à se connaître», souhaite Caroline Di Cesare. «Je veux qu’ils acquièrent de la confiance», ajoute Dominique Lynch-Gauthier. «Moi, je veux qu’ils deviennent des guerriers environnementaux!», lance Teprine Baldo.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version