Société

Le froid extrême fait craindre le pire pour les personnes en situation d’itinérance

Alors que les températures devraient frôler, voire passer sous la barre des -30 °C pour la première fois depuis 2004 vendredi soir, les refuges montréalais pour les personnes itinérantes restent débordés et la situation fait craindre le pire.

« Avec ce froid extrême, les refuges qui débordent déjà auront peine à offrir des services à tous », s’inquiète l’ancienne directrice générale de la Mission St Michael, Chantal Laferrière, qui explique la situation par l’explosion du nombre de personnes itinérantes depuis la pandémie.

Même son de cloche du côté de l’Auberge Madeleine, un refuge pour femmes itinérantes. Les ressources pour femmes sont débordées et demandent davantage de moyens aux gouvernements. « En décembre, il n’y avait plus qu’un lit dans les ressources d’urgence pour femmes sur toute l’île » raconte la directrice générale de l’organisme, Mélanie Walsh.

« La charge qui est demandée aux différents refuges est difficile à combler, les personnes itinérantes se trouvant maintenant partout sur l’île », surenchérit Mme Laferrière.

Elle explique que de nombreux intervenants en itinérance seront sur le terrain face au froid glacial « car une catastrophe est si vite arrivée ». Environnement Canada a d’ailleurs rappelé que les froids glaciaux pouvaient provoquer hypothermies et engelures. Les hypothermies peuvent donner la mort et les engelures peuvent nécessiter une amputation.

La Ville de Montréal n’a pour l’instant pas dévoilé de plan pour faire face à cette nuit historiquement froide.

Une situation différente pour les femmes itinérantes ?

L’itinérance qui touche les femmes se distingue de celle des hommes, avance Mme Walsh, et « n’est pas forcément collée à la météo ». Malgré cela, son refuge est tout aussi débordé et a dû procéder à plus de 6000 refus d’admission en 2022. Le taux d’occupation de l’auberge Madeleine est de 100%.

Elle analyse ainsi que l’itinérance féminine est moins impactée par la météo, même si le froid a aussi de graves conséquences comme la mort d’une femme Inuk d’hypothermie l’hiver dernier. Elle évoque la violence et l’itinérance cachée – des femmes victimes de violences se réfugiant chez des proches – pour expliquer cette différence avec l’itinérance masculine. Son refuge a enregistré davantage de demandes aux mois de mai, juillet et novembre.

Cependant, beaucoup de femmes peuvent avoir peur de quitter un foyer violent si elles ne savent pas où aller se réfugier et ce peu importe la saison, « donc s’il fait -30 °C en plus ça commence à être drôlement difficile » croit Mélanie Walsh.

« On aimerait que le service régional en itinérance et la Ville de Montréal utilisent les données qu’on recueille dans les hébergements pour femmes », souhaite Mme Walsh et ce afin d’ajuster leurs financements à cette distinction entre itinérance masculine et itinérance féminine.

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