Un V8 sous le capot d’une Hyundai Genesis, à quoi ça sert? À quoi bon mettre 385 chevaux sous le capot d’une berline offrant une expérience de conduite qui ne permet pas d’en apprécier toute la puissance?
Loin de la conduite incisive des Allemandes, celle de la Genesis se rapproche davantage de celle des Lexus et des Cadillac de ce monde – nous ne dirons pas des Lincoln, parce que ces dernières ont un p’tit zeste qui les différencie des «bateaux de mononc’».
Sur la route, la berline coréenne n’est pas de celles qu’on a envie de lancer dans des virages serrés, car sa direction manque de connectivité et sa suspension n’a définitivement pa la fermeté requise. Dommage qu’on n’ait pas pensé à proposer un ajustement manuel…
L’architecture à propulsion, pourtant gage de sportivité automobile (et une première pour Hyundai), est malheureusement neutralisée par une balade douce et linéaire, plus tranquille et mature que vive et enivrante. La traction intégrale n’est pas non plus offerte – un péché dans cette catégorie de véhicules de luxe.
Cela dit, la Genesis est solide, assurée et bien équilibrée. Et avec son V8 de 4,6 litres (une autre première pour Hyundai), ici couplé à une très transparente boîte automatique six rapports (sans passage au volant, quel dommage), elle réalise le0-100 km/h en 6,5 secondes. Quand même! Pour tout dire, on peut facilement grimper à 150 km/h sur l’autoroute et avoir l’impression de rouler en deçà des limites de vitesse. Trompeuse, va…
Elle est aussi trompeuse visuellement : une voiture mystère à la calandre qui rappelle les Mercedes, à l’arrière taillé à la BMW et aux touches Lexus ici et là. Si l’on opte pour le sigle optionnel, apposé sur le coffre et qui ressemble aux ailes de la britannique Jaguar, on n’a alors aucune indication qu’il s’agit d’une Hyundai.
Dans l’habitacle, on pourrait se croire à bord d’une Lexus. La cabine est accueillante, les sièges sont très confortables, le cuir est de qualité, l’assemblage frise la perfection et l’insonorisation est top. La planche de bord, heureusement non surchargée de commandes, est facile à apprivoiser, et l’éclairage bleuté est des plus invitants une fois la nuit tombée.
On regrette toutefois que ses sièges arrière ne soient pas chauffants, pas même en option. Mais bon, peut-être serait-ce trop demander à une voiture qui donne beaucoup pour le prix…