J’ai mis plus de six mois à pondre cette critique sur la nouvelle Jetta… C’est vous dire à quel point la mouture 2011 ne m’a pas fascinée. Petit retour en arrière. Au cours de l’été 2010, on nous fait tester la variante haut de gamme (plus ou moins 25 000 $) de la Jetta. Son moteur cinq cylindres (2,5 L) de 170 chevaux est un organe connu et le carnet de notes reste désespérément vierge. Tout au plus ai-je inscrit que le design extérieur était loin d’être aussi aguichant que celui du prototype montré à Detroit en 2010.
Automne 2010. Cette fois, on nous donne les clés des variantes de base et diesel de la Jetta. Encore là, c’est du connu : un turbodiesel de 2,0 L pour 140 chevaux (mais surtout 236 fantastiques lb-pi de couple). Et, tiens donc, un revenant : le quatre cylindres de 2,0 L, pour 115 petits chevaux développés sans grande frugalité. Ça ne vous rappelle pas la Jetta City, par hasard? Le hic, c’est que cette dernière motorisation (qui remonterait à 1994) consomme plus que le moteur de 170 chevaux (boîte automatique six rapports). C’est inacceptable à une époque où injection directe, turbo et autres dispositifs réussissent à rendre plus économes les traditionnels moteurs à combustion. Mais bon, Volkswagen veut devenir le no 1 en termes de ventes mondiales d’ici 2018. Pour ça, il lui faut séduire le marché nord-américain. Pourquoi pas avec une Jetta abordable à partir de 15 875 $ (au Canada)?
Pour en arriver à un prix de départ comparable à celui de la concurrence (et même moins dans certains cas japonais), il a fallu couper. Et rappelons en passant que le prix de la Jetta de la génération précédente débutait à 22 175 $…
Adieu, donc, direction électrique, rebonjour direction hydraulique. Adieu suspension indépendante et freins à disque à l’arrière, rebonjour poutre de torsion et tambours. Adieu habitacle tout en finesse, bonjour plastiques durs, sans appuie-bras central – et n’attendez surtout pas la connectivité Bluetooth, le démarrage sans clé ou l’ordinateur de bord. Parmi les nouvelles Hyundai Elantra, Chevrolet Cruze et Ford Focus, la Jetta qui se veut abordable ne trompe personne : elle ne fait que nous servir du réchauffé. Sauf qu’avec un prix d’étiquette sous les 16 000 $, les consommateurs semblent y trouver leur compte : les ventes de Jetta ont doublé au cours du premier trimestre de 2011.
Les pour et les contre
POUR
- Système de stabilité de série
- Prix de base sous les 16 000 $
- Toujours ce comportement germanique qu’on aime
- Variante diesel (de loin notre préférée)
CONTRE
- On régresse dans le temps…
- Moteur de base peu évolué et gourmand
- Style générique plate à mort
- Insonorisation moyenne (bruit de vent dérangeant sur l’autoroute)
- Système de stabilité impossible à désactiver