Depuis que le dollar canadien frise la parité avec la devise américaine, le marché de l’automobile, de ce côté-ci de la frontière, est en folie. Une carte d’essence, avec ça? Pourtant, nos prix présentent encore d’importants écarts avec ceux du Sud. Que faut-il faire : se précipiter pour acheter ou attendre que le marché se resserre encore?
Ces deux réponses sont bonnes. Si vous attendez quelques mois, les prix auront sûrement diminué encore – à moins que le dollar canadien ne fasse des siennes en piquant du nez. Par contre, si votre vieux tacot est sur le point de rendre l’âme et que vous magasinez assidûment un nouveau véhicule, vous découvrirez que les concessionnaires n’ont jamais offert autant de promotions, que les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas, que les négociations peuvent mener à quelques équipements supplémentaires gratuits et que les rabais peuvent être encore plus importants si vous payez comptant.
Autrement dit, faire l’acquisition d’un véhicule neuf n’a jamais été aussi intéressant pour le portefeuille des Canadiens.
Nombreuses ventes
Ces derniers l’ont bien compris : l’an dernier, ils ont acheté 1,65 million de véhicules, en hausse de 2,4 % par rapport à 2006. Pour tout dire, 2007 aura été la deuxième année, de toute l’histoire des ventes automobiles au pays de la feuille d’érable, où il s’est vendu le plus de véhicules (2002 est l’année record, avec 1,7 million de véhicules).
Le hic, c’est que, quand les consommateurs sont si nombreux à arpenter les salles de montre et à en repartir avec un véhicule, les constructeurs ne sont pas pressés de réduire leurs prix, qu’importe la force du dollar. Certains ont timidement réduit les leurs, mais la plupart ne l’ont pas fait du tout. De grands écarts continuent donc d’exister entre les prix d’ici et des États-Unis.
La faute au bilinguisme?
Un constat s’impose : outre les promotions et les taux de financements réduits, le marché automobile canadien, contrairement au dollar, ne s’est toujours pas installé à parité avec celui américain.
Les constructeurs, ceux-là mêmes qui établissent les prix (et non pas les concessionnaires, notez bien), vous diront qu’il y a de bonnes raisons pour que les véhicules coûtent plus cher de ce côté-ci de la frontière. Ainsi, le Canada, territoire plus grand que celui américain, ne compte que 10 % de la population des États-Unis. Une question de volume, donc.
Aussi, certaines règles de sécurité canadiennes exigent des modifications aux véhicules destinés à notre marché – aux phares de jour et aux pare-chocs, notamment. Oh, et certains vous diront que l’obligation du bilinguisme fait grimper la facture! Reste que toutes les bonnes – et mauvaises – raisons du monde n’expliquent pas des écarts de 21 %. Devant un dollar qui reste fort – s’il le reste -, les constructeurs n’auront d’autres choix que d’ajuster à la baisse, encore et encore.
Magasiner aux États-Unis
Sinon, de plus en plus de Canadiens iront magasiner du côté des États-Unis. Ils ont été près de 15 000 à le faire au cours des six derniers mois… Le jeu en vaut-il la chandelle? On vous en parle la semaine prochaine. Mais tout d’abord, voyons des exemples frappants.
21 % de plus
Question d’établir un portrait de la situation, CAA-Québec a colligé, à la fin du mois de mars, une liste de 45 véhicules. L’association s’est assurée qu’elle comparait des pommes avec des pommes – c’est-à-dire des véhicules à niveau d’équipements égal. Résultat : l’écart moyen entre les prix canadiens et ceux américains est toujours de 21 %.
C’est dire qu’en moyenne les véhicules coûtent chez nous un cinquième plus cher que de l’autre côté de la frontière. Pourtant, le dollar canadien est à parité avec celui américain depuis près d’un an maintenant…
Voici donc quelques exemples frappants :
- Au sud, on demande 53 700 $ pour l’Acura RL. Chez nous : 69 500 $. Écart de 23 %.
- Au sud, la Ford Taurus coûte 23 635 $. Chez nous : 30 899 $. Écart de 24 %.
- Au sud, la Saturn Aura Hybride coûte 22 140 $. Chez nous : 27 575 $. Écart de 20 %.
- Au sud, on demande 20 700 $ pour le Honda CR-V. Chez nous : 27 790 $. Écart de 26 %.
- Au sud, la Nissan Maxima coûte 28 270 $. Chez nous : 36 998 $. Écart de 24 %.
- Au sud, le Subaru Tribeca coûte 33 595 $. Chez nous : 45 195 $. Écart de 26 %.
Certes, l’écart est moins marqué pour certaines catégories de véhicules. Ainsi, les voitures sous-compactes ne présentent qu’un écart de 13 %. La Honda Fit est même une excellente occasion avec son prix canadien de 13 950 $, à peine 7 % plus cher qu’aux États-Unis.
Par contre, de grandes disparités existent encore chez les compactes qui, en moyenne, exigent 19 % en plus ici. Un exemple : la Volkswagen Rabbit s’affiche à 19 975 $ au nord? C’est 4 375 $ de plus qu’au sud.
Vous reluquez du côté des utilitaires? Bonne chance : ils sont en moyenne 23 % plus dispendieux chez nous, avec notamment le Mazda CX-9 qui demande 39 995 $ au nord, soit 10 595 $ de plus qu’au sud.