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Mise à l’essai: l’iPhone X séduit

Après quelques années d’itérations, l’iPhone a finalement droit à une refonte majeure. Même si aucune de ses nouveautés ne change réellement la donne, l’iPhone X sait se faire désirer, et devrait séduire tous ceux qui n’ont pas peur de payer pour obtenir l’appareil qu’ils souhaitent réellement. Mise à l’essai d’un téléphone qui offre à la fois style et substance.

Dire que l’iPhone X était attendu est un euphémisme. L’appareil, qui marque les 10 ans du téléphone d’Apple, a d’ailleurs permis au géant californien de redécouvrir les longues files d’attente dans ses magasins un jour de lancement, une première depuis belle lurette. C’était à prévoir, car l’iPhone X, prononcé dix, représente un vent de fraîcheur pour l’entreprise.

Design et écran

Son nouveau design touche tout d’abord la cible.

L’iPhone X offre un écran de 5,8 pouces, plus grand que celui de l’iPhone 8 Plus, mais dans un format plus petit. L’écran n’est pas « sans cadre » comme certains aiment le dire, mais disons que celui-ci recouvre la quasi-totalité de la surface, même au bas, puisque le bouton d’accueil est désormais disparu (nous y reviendrons). Sa construction de verre et d’acier est aussi solide, et l’appareil est confortable entre les mains.

Le téléphone d’Apple reprend aussi quelques éléments de design des iPhone 6, 6S, 7 et 8, comme ses deux grilles pour haut-parleur autour du port Lightning (dont une seule fonctionne). Le bouton pour l’ouvrir sur le côté est quant à lui un peu plus large qu’auparavant.

L’écran de l’iPhone X est particulièrement joli. Il s’agit d’un premier écran OLED pour Apple. Cette technologie, que l’on retrouve depuis plusieurs années dans les téléphones de Samsung, offre notamment des noirs profonds et des couleurs riches. Le ton de l’écran est aussi doux pour les yeux, ce qui facilite la lecture.

La technologie OLED a aussi certains défauts. Les couleurs tournent par exemple un peu au bleu lorsque l’on penche l’appareil. L’effet est toutefois beaucoup moins prononcé qu’avec le Pixel 2 XL de Google.

Côté format, l’écran est d’un format plus allongé qu’auparavant, comme plusieurs autres téléphones intelligents lancés cette année. Les coins sont toutefois ici arrondis, à l’image des boîtes de dialogue d’iOS. C’est joli.

Dans le haut, une petite encoche (que la communauté techno a surnommé « notch » en anglais) noire vient interrompre l’uniformité du téléphone. Plusieurs ont critiqué cette encoche. Personnellement, elle ne m’a jamais dérangé, sauf peut-être à l’horizontale, où elle occupe visiblement une partie de l’écran.

À la verticale, elle s’intègre un peu mieux à l’interface du téléphone (l’heure s’affiche à gauche, et des icônes à droite), et lui confère même une petite originalité. Je serais étonné que l’encoche fasse jaser encore bien longtemps (du moins chez les propriétaires d’iPhone).

FaceID : le nouveau TouchID

Cette encoche cache les composantes de la caméra TrueDepth de l’iPhone, une sorte de mini capteur Kinect qui mesure la distance qui le sépare des objets et qui illumine le visage de l’utilisateur avec 30 000 petits points invisibles grâce à une lumière infrarouge.

C’est ce mécanisme qui permet à l’iPhone de se déverrouiller lorsqu’il reconnait le visage de l’utilisateur, une fonctionnalité nommée FaceID. FaceID remplace TouchID, le détecteur d’empreintes digitales que l’on retrouvait depuis L’iPhone 5S dans le bouton d’accueil, absent de l’iPhone X.

L’installation est aussi simple qu’avec TouchID (voir l’image ci-haut) et ouvrir son téléphone avec son visage est facile et rapide. Il suffit de regarder le téléphone, et de glisser son doigt sur l’écran pour commencer à s’en servir. Généralement, le temps qu’il faut pour glisser notre doigt est le même que le temps nécessaire à ce que FaceID nous reconnaisse. Bref, on n’attend à peu près jamais. Est-ce que ça pourrait être plus rapide? Peut-être, mais je n’en vois pas trop l’intérêt.

Le mécanisme est aussi plutôt efficace. Celui-ci nous reconnaît pas mal à tous les coups, et le système gère même les chapeaux, les lunettes et la pilosité faciale. Certaines positions sont moins efficaces par contre. Couché dans le sofa, il arrive que l’angle du téléphone par rapport à mon visage soit trop prononcé pour qu’il me reconnaisse. Même chose avec un bébé dans les bras (un problème qui ne concerne pas tout le monde, j’en conviens). Payer avec Apple Pay était aussi plus pratique avec TouchID : il faut désormais regarder son téléphone pour payer, alors qu’il suffisait auparavant de le poser sur le terminal avec son pouce sur le bouton central.

En revanche, l’ajout de la caméra TrueDepth a d’autres avantages.

La caméra a par exemple été intégrée par Apple dans Messages, où il est possible de faire parler des emojis, rebaptisés pour l’occasion Animojis (nous y reviendrons). FaceID permet aussi à Apple de masquer les informations confidentielles des notifications sur le téléphone, puis de les afficher lorsque notre visage est détecté. Pratique.

Et c’est évidemment l’ajout de FaceID qui a permis à Apple de se passer de TouchID et donc de retirer le bouton d’accueil du téléphone.

Est-ce que j’aime mieux FaceID que TouchID? Non. Mais je ne m’ennuie pas de TouchID non plus. Dans un monde idéal, j’aurais accès aux deux systèmes, mais je vis très bien avec l’iPhone X dans sa forme actuelle.

Nouveaux gestes et utilisation à une main

Comment faire pour contrôler l’iPhone sans bouton d’accueil? Grâce à de nouveaux gestes, qui rappellent les anciens systèmes d’exploitation BB10 et WebOS. Revenir à l’écran d’accueil se fait par exemple en glissant son doigt de bas en haut au bas de l’écran. Le même geste plus lent ouvre le menu multitâche, et glisser son doigt de gauche à droite permet de passer d’une application à l’autre.

Ce dernier geste est particulièrement apprécié. Utiliser plusieurs applications est plus facile que jamais, et je n’ai jamais activé la fonctionnalité par erreur.

Certains gestes peuvent aussi être effectués au haut de l’écran. Descendre son doigt à gauche permet de voir la fenêtre de notifications, et le descendre du côté droit permet d’accéder au centre de contrôle. Je trouve ce dernier moins pratique qu’auparavant, surtout lorsque l’on utilise le téléphone d’une main.

Ce n’est d’ailleurs pas ma seule plainte de ce côté par rapport à l’iPhone X. La fonction « reachability », pour faire descendre le haut de l’écran à la hauteur du pouce, est beaucoup moins efficace sur l’iPhone X que sur les derniers iPhone. Il faut en effet glisser son doigt de haut en bas au bas de l’écran pour l’activer, mais le geste est souvent mal compris par le système d’exploitation. Il faut généralement s’y reprendre à deux ou trois fois avant de réussir la manœuvre.

C’est d’ailleurs à se demander si Apple et les développeurs d’applications tierces ne devraient pas complètement revoir le design des logiciels pour mieux les adapter aux téléphones modernes.

Les téléphones actuels sont tous grands, et il serait beaucoup plus logique d’avoir les boutons et menus importants au bas de l’écran plutôt qu’en haut, comme c’est trop souvent le cas. Revenir en arrière, un bouton que l’on retrouve souvent en haut à droite (dans Messages, par exemple), serait beaucoup plus facile à accéder s’il était au bas de l’interface, par exemple.

Espérons que les designers s’adapteront rapidement à cette nouvelle réalité.

Bonne puissance, autonomie moyenne

Pour le reste, plusieurs caractéristiques de l’iPhone X sont semblables à celles de l’iPhone 8.

Celui-ci est par exemple doté d’une conception résistante à l’eau et à la poussière, et son système sur puce A11 Bionic est le même que celui qui équipe l’autre iPhone de 2017.

Ce n’est pas une mauvaise chose : l’A11 Bionic est franchement rapide. L’iPhone X domine d’ailleurs les tests de performance (voir capture d’écran du test Geekbench 4 ci-haut. Du côté d’Android, le Samsung Galaxy S8 obtient environ 6500 à ce test, et le Pixel 2 XL environ 6200). Cette vitesse s’observe notamment dans la vie de tous les jours avec la prise de photos en mode portrait (nous y reviendrons). Celle-ci est presque instantanée avec l’iPhone X, ce qui est loin d’être le cas avec le Pixel 2 de Google, par exemple, où il faut attendre avant d’avoir le résultat final. Ceux qui arrivent à l’iPhone X à partir d’un modèle plus ancien, comme l’iPhone 6, devraient aussi noter une amélioration considérable dans la fluidité de l’interface en général. Ceux qui achèteront l’iPhone X apprécieront aussi sa capacité minimale, désormais à 64 Go (une capacité pour laquelle on paye, on s’entend).

Notons que l’iPhone X est aussi doté de la recharge sans fil, comme l’iPhone 8 et comme plusieurs téléphones Android avant eux. Comme j’expliquais récemment, il s’agit d’une technologie intéressante, à condition que l’écosystème soit adopté massivement, dans les cafés, les bureaux et les véhicules, par exemple. L’arrivée d’Apple dans le secteur, et sa décision d’opter pour le protocole Qi, et non pour une technologie propriétaire, devrait être de bon augure de ce côté.

À la maison, la recharge sans fil est plus simple que de brancher un fil dans son iPhone, mais moins efficace. Celle-ci est pour l’instant limitée à une vitesse équivalente à celle offerte par le chargeur 5W de base de l’iPhone, et une mise à jour logicielle permettra éventuellement d’atteindre 7,5W. C’est dans les deux cas plus lent que ce qu’il est possible d’obtenir en utilisant un chargeur de MacBook ou d’iPad (ce que je fais d’ailleurs depuis plusieurs années).

Notons que l’autonomie de l’iPhone X est au mieux moyenne. En une semaine d’utilisation, j’ai généralement débuté mes soirées avec un peu moins de 20% d’autonomie. C’est trop serré à mon goût. Une semaine est un temps trop court pour se faire une idée définitive sur la question, mais 20% est tout de même moins que la plupart des nouveaux téléphones que j’essaie. Dommage.

Appareils photo

Les appareils photo de l’iPhone X représentent encore une fois l’une des principales forces du téléphone d’Apple.

Techniquement, on note deux capteurs de 12 mégapixels à l’arrière. Le premier est équipé de l’objectif grand angle habituel de l’iPhone (avec une grande ouverture F1.8), et le second est doté d’un objectif rapproché, équivalent d’un zoom optique 2X, avec une ouverture F2.4. Cette ouverture laisse un peu à désirer, mais représente tout de même une amélioration par rapport à l’objectif F2.8 de l’iPhone 8 Plus.

Qu’est-ce que cela change en pratique? Cela veut dire que l’objectif capte maintenant plus de lumière. Les photos rapprochées seront donc plus claires lorsqu’il fait sombre.

La caméra rapprochée est aussi celle qui est principalement utilisée lorsqu’une photo est prise en mode portrait, où un faux flou artificiel est ajouté autour du sujet (une nouveauté arrivée pour la première fois avec l’iPhone 7 Plus). Ce mode ne peut être utilisé lorsqu’il fait trop sombre, il sera donc désormais possible de s’en servir dans plus de conditions qu’auparavant.

Les photos prises avec l’iPhone X sont excellentes, tant à la lumière qu’à la noirceur. Est-ce le meilleur appareil photo mobile? Pas forcément, mais ce n’est pas important. Depuis quelques années, les meilleurs modèles se ressemblent beaucoup, et chacun (Samsung Galaxy S8, Note 8, Pixel 2, Pixel 2 XL, LG G6, etc.) se démarquent marginalement plus que les autres dans certaines conditions, et tirent de l’arrière dans d’autres. La différence n’est jamais très grande.

On observe ceci dit une plus grande variation dans les effets logiciels (photographie de calcul) qui sont de plus en plus mis de l’avant par les fabricants.

Google s’est démarqué récemment sur ce point avec son Pixel 2, mais force est de constater que l’iPhone X a aussi beaucoup à offrir. Son effet portrait est souvent réussi, au point où certaines images semblent pratiquement avoir été prises avec un appareil réflex.

Apple a aussi ajouté cette année des effets de lumière, pour reproduire l’éclairage dans un studio de photo professionnel. C’est un ajout amusant, surtout en noir et blanc, que j’utilise toutefois assez peu.

Dernier détail par rapport au mode portrait, celui-ci a été créé à l’aide d’apprentissage automatique, en analysant des millions de portraits. L’effet est donc efficace lorsque l’on prend la photo de quelqu’un, mais il l’est beaucoup moins avec la photo d’une nature morte, par exemple.

La caméra frontale de l’iPhone X a aussi été améliorée. Son capteur de 7 mégapixels avec ouverture F2.2 prend des photos d’une bonne qualité, surtout qu’il est possible d’utiliser pour la première fois l’effet portrait en mode égoportrait (grâce au système TrueDepth selon Apple. Ceci dit, Google parvient à faire la même chose avec un simple appareil photo frontal).

Logiciel : les Animojis et plus

L’une des nouveautés qui fait jaser avec iOS 11 et l’iPhone X est l’ajout des Animojis, des emojis animés qui suivent notre expression faciale. Ceux-ci peuvent être utilisés pour envoyer des messages vocaux sur Messages, ou encore pour créer des vidéos amusantes, comme des Animojis qui chantent du karaoké.

En toute honnêteté, je n’ai pas vraiment d’intérêt pour les Animojis. Force est toutefois de constater que leur pouvoir d’attraction est grand, et que beaucoup les ont déjà adoptés. Bref, ceux-ci ne représentent pas un ajout utile, mais ils devraient quand même amuser une bonne partie des utilisateurs. Une chose est certaine, Apple devrait simplifier leur utilisation à l’extérieur de Messages.

Parmi les détails intéressants à mentionner, j’apprécie beaucoup l’icône de lampe de poche qui a été ajoutée sur l’écran de déverrouillage. Il suffit en effet d’appuyer dessus avec une certaine force (grâce à la technologie 3D Touch) pour activer le moteur Taptic (qui émet une vibration localisée sous le bouton logiciel) et allumer la lampe de poche. On a l’impression d’appuyer sur un vrai bouton physique, et l’effet est assez étonnant. Apple devrait songer à utiliser cette combinaison plus souvent.

Les applications sont dans l’ensemble jolies sur le grand écran OLED de l’iPhone X, mais malheureusement, plusieurs développeurs d’applications n’ont pas adapté leurs logiciels à son format allongé. Ceux-ci s’affichent alors avec de grandes bandes noires en haut et en bas de l’écran. Considérant la qualité des noirs de l’écran OLED, on a alors l’impression d’avoir affaire à un téléphone Android générique de 2016. Dommage.

Il est à noter que ce ne sont pas que les petits développeurs qui n’ont pas mis leurs applications à jour. Google Maps, par exemple, s’affiche toujours de la sorte. Certaines applications ont aussi mal été adaptées. Dans Facebook, les effets logiciels de la caméra sont ainsi parfois plus larges que l’écran, et une partie du texte ne peut être lu.

Avec la montée en popularité des écrans allongés, on imagine toutefois que ce problème sera de courte durée.

Une question d’argent
Il est finalement difficile de ne pas mentionner le prix de l’iPhone X. À 1319$ sans entente, le téléphone est considérablement plus cher que la grande majorité des téléphones haut de gamme sur le marché. Oui, il existe des appareils Android à 1300$ également, mais il y en a aussi de très bons à 700$. Et l’écran de l’iPhone X coûte au bas mot 359$ à réparer chez Apple. C’est un pensez-y-bien.

Pour ceux qui achètent avec leur tête plutôt que leur cœur, ce sera probablement trop d’argent. Surtout que même avec un forfait de 85$ par mois pendant deux ans, l’appareil se vend environ 600$.

Pour les autres, leur choix est probablement déjà arrêté : après tout, avec son nouveau design, un superbe écran et un ensemble d’améliorations appréciées, l’iPhone X est le téléphone qui fait le plus rêver en ce moment.

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