«Homme jeune, athlétique, qui a un bon sens de l’humour, cherche femme dans la vingtaine. Aime prendre un verre en bonne compagnie.»
Cette description type ressemble peut-être à celle qu’un ami a affichée sur un des nombreux sites de rencontre. Contrairement au tabou persistant selon lequel personne n’est assez désespéré pour chercher l’âme sÅ“ur sur la Toile, de plus en plus de Québécois utilisent cet outil pour faire des rencontres. À l’ère de la technologie, même le flirt change peu à peu de visage.
Un célibataire québécois sur cinq fréquenterait maintenant les sites de rencontre sur l’internet. Ceux-ci seraient en général plus éduqués que la moyenne, et les groupes d’âge les plus actifs sur ces sites seraient les 26 à 35 ans et les 36 à 45 ans. Surprenantes, ces statistiques? Pas pour Marika Jauron, psychologue qui rédige présentement une thèse de maîtrise sur ce phénomène.
«Dans notre société où tout doit aller vite et où tout le monde a internet, les sites de rencontre permettent aux gens de rencontrer plus rapidement quelqu’un dans le confort de leur salon», explique-t-elle, ajoutant que la popularité de ces sites a évolué au rythme du développement de l’internet.
L’accessibilité au cyberespace serait donc une raison de leur popularité. Et selon diverses études, le plus grand nombre de personnes vivant seules, la plus grande mobilité des gens et l’augmentation de la charge de travail, qui laisse moins de temps pour flirter d’une façon traditionnelle, expliqueraient aussi le développement de ce phénomène.
Plus de rencontres, plus de couples?
Malgré ce que peuvent en dire les directeurs des sites de rencontre, grands vendeurs de rêve, ces sites ne génèrent pas la formation d’un plus grand nombre de couples.
«L’internet augmente les chances de rencontrer, point, souligne Mme Jauron. Ils ne fonctionnent pas mieux que les moyens traditionnels pour former des couples.»
Et celle-ci met en garde les utilisateurs qui se feraient des attentes démesurées envers ces sites. «L’aspect virtuel fait bien paraître les gens, explique-t-elle. Sur internet, tout le monde est populaire, a beaucoup d’amis et fait du sport trois fois par semaine.»
C’est pourquoi la psychologue recommande de rencontrer rapidement la personne face à face. Mais elle insiste aussi pour que la première rencontre soit faite dans un lieu public, la prudence étant toujours de mise.