Au risque d’être la voix discordante dans le concert d’éloges entourant la sortie de Street Fighter IV (SF IV), un rappel doit être fait : malgré ses grandes qualités, le roi des jeux de combat n’est pas pour tout le monde. Même en choisissant le plus facile parmi huit niveaux de difficulté (!), les novices trouveront que le combat final n’est pas une sinécure.
N’empêche, ce nouveau chapitre de la série qui a créé le genre du combat à un contre un – et engendré des dizaines de dérivés, de Mortal Kombat à Soul Calibur – mérite qu’on s’y attarde un peu.
D’abord, la présentation est impeccable. On passe rapidement sur les courtes séquences d’introduction qui rappellent de vieux épisodes de Goldorak pour apprécier le jeu lui-même. Le visuel est extrêmement poli, les animations sans faille, et chacun des personnages originaux est parfaitement reconnaissable, avec un style bédé poussé à l’extrême, ce qui convient parfaitement.
Si l’action se déroule toujours sur un plan bidimensionnel, les combattants, eux, sont modélisés en trois dimensions pour la première fois. La caméra en profite donc pour changer d’angle au début et à la fin de chaque combat, et pendant l’exécution de spectaculaires «super combos».
Les personnages sont immenses et occupent une grande partie de l’écran, ce qui réjouira les propriétaires de télés format géant.
Le festival des combinaisons
Ce qui fait un jeu de combat, ce sont aussi les contrôles. SF IV est un jeu de technicien : le batteur de boutons ne fera pas long feu contre un joueur expérimenté. À partir de commandes de base simples, toute une série de combinaison peuvent être effectuées, mais demanderont d’abord à être maîtrisées. Et même si les mouvements plus complexes ont une certaine logique, il deviendra vite évident que SF IV sera à son meilleur avec un bon vieux joystick.
Avec une quinzaine de personnages dès le départ utilisables dans le mode arcade ainsi que des modes «entraînement» et «défis», la partie solo de SF IV est bien développée. On voudra compléter la partie arcade avec tous les personnages afin de débloquer de nouveaux combattants, dont un clone de Bruce Lee. Mais c’est à deux joueurs que le duel prendra tout son sens, sur une même console ou en ligne. Dans ce dernier cas, les options offertes sont rudimentaires, mais Capcom a promis une mise à jour rapide et gratuite.
Au total, malgré l’évolution considérable dans la présentation, la sensation générale de SF IV sera familière aux amateurs de la série. Même ceux dont le dernier tour de piste remonte à la Super Nintendo retrouveront Ryu, Ken, Chun-Li et la bande comme de vieilles pantoufles. Sous cet aspect, 20 ans plus tard, SF IV fait presque figure d’anachronisme. Mais l’important, c’est que la formule fonctionne encore, n’est-ce pas?
«Hadoken!», comme dirait l’autre.