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La guerre aux jeux usagés

Les compagnies de jeux vidéo n’ont jamais beaucoup aimé la revente de jeux usagés. Pour elles, il s’agit d’une forme de piratage légalisé, puisque les détaillants empochent seuls les bénéfices de la revente et même de la re-revente. Une chaîne comme GameStop/EB Games fait valoir que les clients qui ramènent leurs «vieux» jeux sont plus enclins à en acheter de nouveaux que s’ils doivent débourser le plein montant chaque fois.

GameStop vend aussi un e quantité impressionnante de jeux neufs, l’argument a été à moitié accepté. Et puis, il était assez difficile de déterminer combien de ventes étaient ainsi perdues au profit du marché secondaire. Jusqu’à récemment.

L’été dernier, Electronic Arts a découvert que trois millions de propriétaires de consoles de jeu avaient goûté à Dead Space, son sinistre et très réussi jeu d’horreur. Problème : seulement 1,5 millions de copies ont été vendues. Dead Space prend une dizaine d’heures à compléter. Il constituait donc une monnaie d’échange idéale. Résultat : le marché secondaire a tué ses ventes.

Le jeu qui ne finit plus
Plusieurs développeurs utilisent le contenu téléchargeable comme source de revenus supplémentaire. La plupart du temps, ce nouveau contenu est constitué de nouveaux costumes ou personnages, ou de cartes dans un mode multijoueurs. De plus en plus, il est question d’allonger l’aventure en y ajoutant de nouveaux chapitres, comme on l’a fait récemment pour Assassin’s Creed II et Borderlands, et auparavant pour Fallout 3.

Le hic, c’est qu’on peut bénéficier de tout ce contenu additionnel que notre copie ait été achetée neuve ou usagée. Electronic Arts va plus loin. L’acheteur original a maintenant droit à du contenu supplémentaire gratuit, voire exclusif. Lancé cet automne, le jeu de rôles Dragon Age: Origins inclut un code de téléchargement gratuit pour une aventure, un personnage et une armure supplémentaires.

 Le «méchant» acheteur de jeux usagés peut se procurer l’aventure et le personnage pour 15 $, plus que ce qu’il économisera en achetant le jeu usagé. Mais pas l’armure, qui se trouve à être une des meilleures du jeu, en plus de pouvoir être utilisée dans un autre jeu, Mass Effect 2. Un traitement semblable a été appliqué à ce dernier, sorti fin janvier. Dans quelques jours, cinq nouveaux chapitres seront ajoutés, via téléchargement, pour les «bons» clients. Les autres doivent débourser 15 $.

Et ça ne s’arrêtera pas là. Non seulement Electronic Arts vous encourage à acheter la copie neuve, mais il ne veut plus que vous revendiez vos jeux. En 2011, tous ses titres contiendront du contenu téléchargeable ET des modes multijoueurs. D’autres éditeurs, comme Take Two (Grand Theft Auto), se sont dit intéressés par ce modèle. La guerre aux jeux usagés est bel et bien commencée.

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