Qu’arrive-t-il lorsqu’un jeu est trop ambitieux pour la console pour laquelle il est conçu? La réponse ressemble à Metal Gear Solid: Peace Walker, paru au début de l’été sur la PlayStation portable.
Développé par une équipe aussi importante que pour le superbe Metal Gear Solid 4 (PS3), Peace Walker met en vedette Naked Snake, le père génétique de Solid Snake, le protagoniste de la plupart des épisodes. Le jeu se déroule dans les années 1970, en pleine guerre froide. Snake et ses «Militaires sans frontières» viennent en aide à une bande de guérilleros qui tentent de stopper un lancement de missile nucléaire, sur fond de complot impliquant la CIA.
Fidèle à l’esprit de la série, Peace Walker est encore un jeu d’infiltration: Snake peut frapper dur et avec une panoplie d’armes, mais il est encore meilleur quand il reste invisible et utilise ses pistolets silencieux et autres gadgets pour surprendre l’ennemi.
Comme toujours, l’obsession de son créateur Hideo Kojima pour la menace nucléaire est omniprésente et constitue le cÅ“ur du récit, qu’on a enrichi d’une foule de «dossiers» enregistrés par les différents protagonistes, et que le joueur pourra fouiller à sa guise pour en apprendre plus sur les personnages, les lieux, l’époque et les missions à effectuer.
Au fil du jeu, Snake pourra également recruter – de gré ou de force – de nouveaux soldats pour son organisation, qu’il affectera aux opérations militaires, au développement de nouvelles armes, au renseignement, à l’infirmerie ou à l’approvisionnement. Ce nouvel élément de gestion du personnel et du matériel ajoute une toute nouvelle dimension au jeu.
Trop ambitieux
Tout cela est très intéressant, mais les ambitions de MGS : Peace Walker, incluant son mode multijoueur, seraient mieux servies sur la PlayStation 3. Malgré le visuel très réussi, la résolution limitée de la PSP rend certains éléments difficiles à discerner, comme les ennemis embusqués.
Le problème majeur tient aux mécaniques de jeu et à l’horrible pseudo-joystick de la PSP, capricieux comme à l’habitude. L’absence d’un second appendice du genre signifie qu’on doit s’en remettre aux boutons de surface pour contrôler soit la caméra, soit le déplacement du personnage, deux mauvaises options.
Une production de grande qualité, MGS: Peace Walker aurait pu être une formidable vitrine pour la portable de Sony. Malheureusement, il rappelle surtout ses limites.