Des équipes de chercheurs des
universités de Berkeley et de Stanford ont chacune conçu une peau
artificielle destinée à un usage humain et à recouvrir des robots. Cette
peau se distingue des autres prototypes par son degré de sensibilité:
elle est en mesure de ressentir la présence d’un petit insecte posé sur
elle.
Des mois sinon des années nous séparent
encore d’une application concrète de cette peau artificielle chez
l’humain. La principale difficulté que doivent affronter les chercheurs
est la façon dont leur peau interagira avec le cerveau humain. En effet,
le cerveau doit y être «connecté», afin de convertir les données de
sensibilité de la peau en sensations physiques correspondantes.
Les deux types de peau développés par les deux équipes indépendantes
de chercheurs détectent des variations de pression de moins d’un
kilopascal, ce qui équivaut à un grattement, à l’enfoncement de la
touche d’un clavier ou lorsqu’une personne tient un crayon.
Il s’agit d’une grande avancée, car le degré de sensibilité des
versions précédentes de peau était beaucoup moins raffiné. Elles ne
détectaient que les pressions de dizaines de kilopascals au minimum.
L’équipe de chercheurs de l’université de Stanford a réussi à
reproduire le sens du toucher sur leur prototype de peau artificielle
faite de polymère polydimethylsiloxane (PDMS), en lui faisant détecter
une variation de sa charge électrique.
Les
chercheurs de Berkeley ont plutôt misé sur prototype fait de nano fils
semiconducteurs disposés en grille sous la peau de caoutchouc flexible.
Chaque entrecroisement de nanofil fonctionne comme un «transistor» et
correspond à un pixel. De cette façon, la variation du courant
électrique marque la détection de la pression exercée sur la peau, tout
en la localisant.
Les peaux artificielles développées par les chercheurs des deux
universités seront plus rapidement utilisées en robotique qu’en tant que
prothèse humaine: «La peau ultime doit se comporter exactement comme le
fait une vraie peau humaine», explique l’un des chercheurs. Les
prochains défis des chercheurs sont de produire une quantité suffisante
de peau artificielle pour en recouvrir un robot et de la rendre
biocompatible.