Action contre la faim France (ACF), une organisation non gouvernementale (ONG) qui a pour but «d’éradiquer la faim de manière globale, durable et efficace dans le monde», a pour habitude de diffuser des campagnes choc pour sensibiliser les gens à la lutte contre la faim.
Leur dernière campagne Bonne nouvelle se compose d’un spot publicitaire de 12 secondes qui montre un enfant souffrant de malnutrition accompagné du slogan Bonne nouvelle. On y entend alors les commentaires présumés de téléspectateurs lambda en train de manger face à cette image de jeune Africain décharné. Et à ACF de conclure: «Bonne nouvelle, la faim est plus facile à guérir qu’à regarder.»
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Certains s’insurgent contre ce mode opératoire, qui consisterait globalement à faire culpabiliser les gens, comme par exemple Philippe Boyrivent qui adresse, en réponse à ce spot, une lettre ouverte à Valérie Daher, directrice de la communication et du développement d’ACF. Il met en doute l’efficacité d’une telle campagne et son caractère informatif et se demande si l’image clichée de cet enfant africain décharné n’est pas trop familière pour finalement intéresser les donateurs:
«Présenté ainsi sans prénom, sans origine, sans contexte, cet enfant est un anonyme. Désincarné, il devient une icône. Il incarne l’image que tout occidental a de la souffrance africaine, mais rien ne nous permet de se raccrocher à son histoire. Il n’est plus qu’un cliché et en cet hiver, un marronnier: le personnage de l’enfant noir décharné.»
Ainsi, comme le sans-abri dans le métro, il devient invisible.
Selon Philippe Boyrivent, ACF aurait plus à gagner en expliquant qui est cet enfant, pourquoi il souffre de malnutrition, de quel pays il est originaire, bref, pourquoi la faim est plus facile à guérir qu’à regarder, plutôt que de nous balancer à la figure un énième cliché censé nous sensibiliser à la cause.