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Edward, le vampire qui suce ton esprit

L’avez-vous vu à la télé? Le médecin qui affirmait qu’une consommation de Benoit Lefebvre, en chronique ou en spectacle, aidait à réduire les risques du cancer de la rotule de 98%. Enfin, on m’apprécie à ma juste valeur!

C’est n’importe quoi. Mais tellement fréquent. D’où vient ce genre de manipulation du consommateur? À qui le «crédit»? À monsieur Edward Bernays. Edward Bernays, c’est notre Paul de Tarse. Paul de Tarse, ou saint Paul, c’est l’illuminé derrière la propagande chrétienne. Le grand manitou de la manipulation par la foi du temps de Rome. Si la consommation a remplacé la religion, Edward a remplacé Paul. C’est aussi simple que ça. À chaque empire son stratège. Disons que t’avais plus de chance de le battre à Uno qu’à Risk.

C’est lui qui est derrière la fameuse campagne I WANT YOU! pour l’armée américaine. Et la toune des Beatles aussi. Ou peut-être pas. C’est lui qui a convaincu le monde entier que fumer, c’était bon. Celle-là, fallait le faire. C’est lui qui a commencé l’art de détruire l’image d’un dirigeant ou d’un parti réticent à donner les richesses de son pays à des compagnies étrangères, pour ensuite mettre en place les bons pions et tout prendre. Le beau projet du Plan Nord… Ça vous dit quelque chose? Bref, pour peu, c’est un génie. Pour nous, une belle ordure.

Comment pouvait-il dormir sur ses deux oreilles? Je vous rassure. Il dormait très bien. Pour lui, il faisait le bien. Il fait partie de cette élite qui croit que la masse est faible, idiote et doit être manipulée pour «son» bien. Ils existent encore, ces psychopathes. Ils sont les hommes et les femmes les plus puissants du monde. Ce sont eux qui tiennent les murs de l’aquarium bien en place. Ces fameux murs qu’on ne voit pas parce que trop impressionnés par les bubulles qui sortent du château. (Shot gun sur Némo. Choisissez-vous un autre poisson pour jouer dans ma métaphore sociale.)

L’ironie de l’ironie. J’ai appris son existence la semaine dernière dans un des très bons épisodes d’Amour, haine et propagande à Radio-Canada (tous disponibles sur leur site). La télé étant l’outil numéro un de la propagande du 20e siècle, je trouvais ça presque beau comme situation. Ça donne espoir. Le savoir et la vérité réussissent à passer à travers l’aquarium. Après, reste juste à savoir si on a le courage de laisser nos bubulles puis de sauter par-dessus le mur.

Pour les curieux, lisez l’article biographique sur l’internet Edward Bernays: la fabrique du consentement ou comment passer du citoyen au consommateur. Après, prenez soin de vos genoux. Ajoutez-moi sur Facebook et Twitter. 

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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