L’été s’achève lentement. Les vacances aussi. Les enfants retourneront bientôt à l’école. Signes indubitables, les fournitures scolaires sont sur les présentoirs des magasins et notre budget doit s’ajuster à cette dure réalité si ces achats ne sont pas vraiment planifiés.
L’automne s’annonce chaud en raison de la loi 3 sur la réforme des régimes de retraite.
Après les policiers habillés en mou et leurs voitures maculées de boue, les pompiers qui allument des feux de joie devant l’hôtel de ville, les actes de vandalisme sur les façades du bureau du ministre Bolduc, voilà que le président des cols bleus de Montréal parle de grève préventive au cas où la loi s’appliquerait aux ententes conclues en novembre 2012. On n’est jamais trop prudent…
Je rappellerai que la loi doit être discutée en commission parlementaire la semaine prochaine durant cinq jours. Tous les interpellés pourront s’exprimer et faire des suggestions de modification ou de bonification. La déclaration qui a enflammé les troupes opposées au projet de loi est celle du premier ministre qui, le week-end dernier, affirmait qu’il n’avait pas l’intention de reculer sur les principes de la loi.
Aussitôt dit, les syndicats se sont mis en mode confrontation, qualifiant la future commission parlementaire d’arnaque puisque selon leur interprétation, tout est décidé à l’avance, le premier ministre ayant déjà fait son lit. Pourtant, si on prend le temps de bien comprendre ce que le premier ministre a déclaré, on s’aperçoit que son message est cohérent et sans surprise.
Celui-ci confirmait simplement son soutien à l’essence de la loi et son désir d’assurer la pérennité des programmes de retraite en toute équité pour les générations futures, tout en respectant la capacité de payer des contribuables. Pour la suite, soit les détails enchâssés dans les articles de la loi, l’asymétrie dans l’application de ses modalités pour s’adapter aux différentes réalités des municipalités ainsi que l’agenda des négociations, tout est à discuter avec le ministre Moreau en commission parlementaire.
Encore faut-il s’y présenter avec un esprit ouvert, des arguments solides et des solutions pratiques et réalistes pour convaincre les parlementaires de les traduire en amendements. Malheureusement, les divers syndicats municipaux ont choisi la confrontation et les menaces de grève et de perturbation.
En démocratie, on a le devoir de se faire entendre, d’autant plus que les policiers et les pompiers n’ont pas le droit de grève. Ils sont en droit de nous sensibiliser à leur réalité. Cela dit, l’heure est à la négociation et nos mécanismes gouvernementaux existent pour faciliter les débats afin d’améliorer notre société.
Espérons pour nous qu’ils sauront en faire bon usage sinon l’automne risque d’être chaud.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.