Les interventions récentes de Luc Ferrandez, le maire du Plateau- Mont-Royal, dans le dossier de la circulation automobile ont suscité toute une controverse. Comme j’habite sur le Plateau, j’ai voulu y voir clair. J’ai donc mené ma petite enquête.
Voici mes conclusions : le maire a fait exactement ce que son programme électoral disait qu’il allait faire. Par contre, il n’a pas consulté suffisamment la population avant de mettre en place les mesures annoncées dans son programme.
On reproche souvent aux politiciens de ne pas tenir leurs promesses… Or, en matière de transport, M. Ferrandez et son parti, Projet Montréal, ont fait exactement ce qu’ils avaient dit qu’ils feraient. La position de M. Ferrandez est en accord avec le consensus de plus en plus évident autour de nouvelles façons de nous déplacer. La semaine dernière, par exemple, la Fédération des chambres de commerce du Québec demandait un moratoire sur le développement autoroutier. Dans un communiqué émis en collaboration avec l’organisation Transit, les chambres de commerce accordent la priorité à la réfection des routes et à l’amélioration des transports collectifs.
Un sondage Léger-Marketing montre que la population montréalaise est très divisée quant aux mesures prises par le Plateau : la moitié des gens sont pour, et l’autre moitié contre. Cela vient sûrement du fait que nous sommes très attachés à nos voitures. Mais cela vient aussi du fait que Projet Montréal avait promis de consulter la population sur les mesures qui seraient implantées. Je crois que, sur cette question, M. Ferrandez a failli à la tâche. Il s’agit ici d’une question de démocratie.
Et quand je parle de démocratie, je ne parle pas de quelque chose en surface; je parle de démocratie profonde. Quand je parle de démocratie, je parle d’un processus de consultations, d’échanges et de négociations qui aboutit à l’unité du plus grand nombre.
M. Ferrandez est un homme déterminé; c’est une qualité qu’il faut lui reconnaître. Et il en faut, de la détermination, pour s’attaquer au règne de la voiture solo. Il ne faudrait toutefois pas que cette détermination donne lieu à de l’acharnement.
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