En entrevue postélectorale, d’entrée de jeu, il compare les résultats obtenus par sa formation politique à un grand coup de poing au menton.
« Nous avons reçu un uppercut. Nous avons été incapables de passer clairement notre message. Nos adversaires ont diabolisé notre bilan et notre charte des valeurs tout en transformant l’élection en élection référendaire. Pourtant, une élection ce n’est pas un référendum! »
Il peut comprendre la crainte des gens relativement à la question référendaire. Par contre, il a de la difficulté avec les méthodes utilisées par ses adversaires.
« Faute d’argument, ceux-ci disent n’importe quoi pour faire peur aux gens, estime-t-il.
« Moi, j’ai préféré mener une campagne constructive. Je crois au respect. On ne peut pas dire n’importe quoi juste pour atteindre un objectif électoral. »
Généralement volubile et refusant rarement les entrevues, au lendemain des élections, M. Kotto a préféré s’isoler et ne voir personne de toute la journée. Une façon pour lui de décanter et de digérer les résultats.
Ce n’est pas le premier coup dur politique que vit le député, mais cette défaite de son parti est la plus difficile à accepter.
« Nous avons tout fait pour stimuler l’emploi, pour offrir un gouvernement intègre et pour bien servir les gens. Je pense humblement que nous avons fait du bon travail. Mme Marois ne méritait pas un tel sort », indique-t-il les yeux rougis par l’émotion quand il pense à tous les collègues perdus au combat.
Mais penser que M. Kotto baissera les bras, c’est mal le connaître. À l’image de son modèle dans la vie, Nelson Mandela, le député va aller jusqu’au bout de son mandat.
Sinon, il aurait l’impression de laisser tomber les gens, ceux qui lui ont renouvelé leur confiance et qui lui sont fidèles.
Son rôle dans l’opposition sera évidemment différent, mais cela ne l’inquiète pas. Il est déjà passé par là.
Il pense même que cela sera plus facile, puisqu’il a maintenant l’expérience du gouvernement. Il sait donc où mettre la pression pour que les dossiers avancent.
Transition
En ce qui a trait à la course à la chefferie du Parti québécois, Mme Marois ayant annoncé son départ, il confirme que le poste ne l’intéresse pas. Il est de ceux qui croient que le parti doit prendre son temps pour bien panser ses blessures avant de lancer une course à la chefferie.
« Mme Marois ne méritait pas un tel sort, souligne le député de Bourget. C’est une grande dame avec de bonnes valeurs. Elle s’est toujours dévouée pour servir les citoyens. J’ai eu très mal pour elle. Je n’ai pas été capable d’aller au rassemblement.
« Rien ne presse pour lui trouver un remplaçant. Prenons le temps de bien faire les choses », laisse tomber M. Kotto.
Sur le plan personnel, le député n’entend pas changer sa façon de travailler. Il souhaite poursuivre les projets amorcés dans sa circonscription et continuer à être présent pour les gens.