Saint-Hyacinthe. Ma nouvelle ville. La ville qui sent le chocolat, quand le vent vient du bon bord. Sinon, ça sent l’autre affaire qui a la même couleur. Mais de chez nous, c’est pas mal plus souvent le chocolat. Tu sors, et c’est comme si une grand-mère géante
faisait cuire des gâteaux géants dans un four géant. Mmmm! Bougez pas. Je vais manger, je reviens.
Bon, bravo! Y a plein de miettes de muffin sur mon clavier. C’est tranquille par chez nous, les gens sont relax. Au dépanneur du coin, tu peux louer des films… Oui, louer des films! Ça
sonne-tu campagne, ça! Ça sonne relax, comme je disais. Sauf pour le monsieur dudit dépanneur.
La première fois que j’y suis entré, j’ai eu un choc. J’achète ce qu’il me faut. Le caissier est un homme d’origine vietnamienne, si mon radar à cultures est exact. Parle, parle, jase, jase. Je lui demande les heures d’ouverture question d’être organisé dans mon pas d’organisation. Parce qu’on s’entend, quand tu vas au dep à 10 h 30 du soir acheter de la mayo, y se passe de quoi que t’avais pas prévu.
Toujours est-il que je lui demande les heures : «De 8 h
à 23 h.» Tous les jours? «Sauf dimanche.» Ah, vous êtes fermé le dimanche? «Non, juste ce dimanche. Vacances. Travaille beaucoup.» Je sors dehors, l’air un peu perplexe.
En sortant, je remarque sur la porte une affiche. «Ce dimanche, fermé. Vacances.» Des vacances d’une journée! Pas «On prend off» ou «Rénovations». Non, des vacances! Faut-tu que tu travailles pour qu’une journée de congé soit pour toi des VACANCES!
T’as le temps de faire quoi? Où tu vas? Peut-être qu’il
a un jet privé puis qu’il va avoir le temps d’aller à Cuba pour une sangria et une tourista rapidos. Puis lundi matin, hop! de retour au boulot. Peut-être qu’il a une montre qui arrête le temps. Peut-être que cette journée, pour lui, va s’étirer sur six mois. Quand je vais le revoir le lundi, il va avoir pris 15 livres, aura un tatouage et les cheveux longs.
Mais bon. Peut-être qu’il fait juste travailler vraiment beaucoup. Peut-être que cette journée de «vacances» m’a rentré dans face. Peut-être que c’est ben beau être relax pis aimer le chocolat, mais un moment donné faut opérer. Merci, Monsieur.
– Les opinions exprimées dans cette tribune
ne sont pas nécessairement celles de Métro.