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Boomers X = Y

J’ai eu une commande. Le journal Métro et Canal Vie se lient pour faire un dossier sur la génération des Y. Mon problème, y a quelques semaines à peine, j’ai écrit une chronique sur mon dégoût des guerres de générations. Je suis antiguerre, et voilà qu’on me demande d’aller au combat. Oubliez-moi, j’ai les pieds plats!

Pourquoi je n’aime pas cette guerre? Parce que je trouve ça stupide de s’attaquer aux résultats d’une addition. Si t’aimes pas le chiffre sept, c’est pas sa faute, y avait quatre plus trois sur la calculatrice. Les générations semblent être le résultat, la somme d’une équation des générations antérieures. Partez pas! Ça sonne lourd, mais ça sent le miel. 

À une époque, au Québec, les enfants virent leurs parents être traités comme des esclaves. Résultat, une fois adulte, ils s’efforcèrent de trouver une bonne job steady avec un bon boss. Ce qu’ils firent. Leurs enfants à eux virent encore trop d’exploitation. Exploitation plus rébellion égale syndicats. Les boomers occupèrent en un rien de temps la plupart des postes. Les X arrivèrent alors avec l’obligation de se défoncer au travail pour percer. La compétition étant féroce, la hargne au travail devint chose commune. Puis arrivent les Y.

Qu’est-ce qu’on voit? Des boomers syndiqués, dépressifs, blasés, que la stabilité a rendus zombies. Puis les X, complètement défoncés au travail, ambitieux et compétitifs à se rendre malades. Boomers plus X égale Y. En voyant le malheur des générations avant moi, je me suis fait une vision, une vie. Je me suis dit que si j’ai la chance, je ferai ce que j’aime dans la vie. Et que ma vie, ma famille, ma personne vont toujours passer devant le travail. J’ai appris en regardant les failles des autres générations. Comme les autres générations l’ont fait avant moi. Alors, il est où le débat? Elle est où la guerre?

Ça semble une vie parfaite. Loin de là. Le sacrifice des Y se fait dans la tête. Psy, thérapeute, dépendance affective, problème d’identité. J’ai pas un ami, une connaissance qui ne se sont pas bouffé le coco à un moment ou un autre. Nos ancêtres ont travaillé leur terre pour bâtir un pays. Nous travaillons notre tête pour bâtir des citoyens sains, arrêter la roue à bobos.

Bref, on continue ce que les boomers, les X ont commencé. Faire de notre mieux pour donner à nos enfants, à l’autre génération, une vie meilleure. On n’est pas en guerre, on est en équipe. (Grattez ici pour sentir le miel.)

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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