Y a des maudites limites. 19 septembre, déjà des bidules d’Halloween dans certains magasins. Je cherche le masque du ridicule, mais je ne le trouve pas.
Est-ce que je suis seul à trouver que c’est de l’abus? Est-ce qu’il y en a comme moi qui ont envie de crier au beau milieu de l’allée des costumes : «Voyons donc câlisse!!» Prendre le vendeur par la nuque puis lui mettre la face dans les chapeaux de sorcières comme un chien dans son pipi : «Ça c’est non!!! C’est non!»
Qui? Qui tripe tellement sur l’Halloween pour être excité plus d’un mois à l’avance? Qui entre au Jean-Coutu un 19 septembre avec le but premier d’acheter du maquillage, trois citrouilles en plastique et un crochet de pirate? Qui? Je veux des noms et des adresses! Ou bien qui entre au Jean-Coutu un 19 septembre pour acheter du savon et se laisse avoir? : «Tiens, on annonce l’Halloween.» Et on ressort avec cinq sacs de bonbons, un costume d’Harry Potter, puis la cassette «bruits qui font peur» tome 19? Je veux le nom de cette personne. Toujours pratique d’avoir quelqu’un de docile pour partir son auto l’hiver, faire sa vaisselle et ramener le journal.
C’est définitivement quand je vois la première citrouille que l’été est fini. L’été est la saison où on a un break. Ce n’est pas juste les vacances du travail et des études. Ce sont les vacances des cochonneries. Après l’été suivent en rafale les citrouilles, les sapins et les cours. Trois fêtes qui représentent trois jours dans l’année, mais qui prennent de la place dans nos vies pendant cinq mois. Trois jours! Trois jours qui en remplissent cent cinquante! C’est presque la moitié de l’année! C’est un sérieux problème de ratio.
Combien de temps on consacre au Jour de la Terre? À la Journée de la femme? À la Journée contre la faim dans le monde? Est-ce que pendant un mois avant ces journées, on est sensibilisé, informé? Est-ce que notre énergie, notre argent, notre temps sont passionnément sollicités pour ces causes pendant cinq mois? Ai-je besoin de répondre?
Je ne veux pas faire mon grincheux. On a droit aux plaisirs dans la vie. J’ai de très beaux souvenirs de mon enfance à l’Halloween et Noël. La Saint-Valentin, un peu moins. Sauf la fois où j’étais trop gêné pour donner le cour en chocolat à la fille qui me plaisait. J’ai fini par le manger. Best Saint-Valentin ever! Je voulais simplement pointer le petit déséquilibre dans notre calendrier. C’est fait. Je peux maintenant manger mon sac de bonbons en paix.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.