La stigmatisation des travailleurs du sexe masculins et/ou trans doit cesser au Québec, martèle une campagne de sensibilisation lancée lundi.

«Le travail du sexe, c’est mon choix. Je ne suis pas une victime», indique l’une des six affiches produites par RÉZO, un organisme de promotion du mieux-être des hommes gais et bisexuels. Les affiches, qui seront promue via les réseaux sociaux, mettent en scène le profil et les paroles de six usagers parmi les 500 à 600 travailleurs et travailleuses du sexe qui ont reçu des services de RÉZO lors de la dernière année. RÉZO a inclus les personnes trans, hommes et femmes, dans sa campagne, constatant que ces dernières constituent une part grandissante de leur clientèle.

«Les usagers disent qu’ils vivent de la stigmatisation de la part de leur famille, de personnes proches d’elles, de policiers. L’estime de soi est beaucoup affectée par le fait qu’ils sont toujours vu comme une bête noire. La population a besoin d’évoluer et de comprendre que ça fait partie de notre société», a affirmé Alexandre Dumont Blais, codirecteur à RÉZO.

«Chez les garçons, il n’y a pas de pimp ou de souteneur. Les personnes travaillent de façon autonome. C’est parfois de façon temporaire ou transitoire pour subvenir à leurs besoins pendant une période difficile de leur vie. D’autres font ça toute leur vie», a pour sa part rapporté Claude Poisson, coordonnateur du programme pour les travailleurs du sexe à RÉZO.

La campagne est également une charge contre la loi fédérale C-36, adoptée à l’automne 2014, qui pénalise notamment les clients et la publicité prostitutionnelle. «Ça augmente l’insécurité des travailleurs qui doivent aller dans des endroits moins sécuritaire pour recruter des clients», a estimé M. Dumont Blais. Le bien-fondé de cette loi ne fait pas l’unanimité parmi les organismes d’aide aux personnes vivant ou ayant vécu la prostitution, certains demandant son maintien.

Samedi prochain sera la Journée internationale de lutte contre la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe. Une marche de soutien aura lieu à 18h au parc des Faubourgs à Montréal.

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