Anne-Frédérique Hébert-Dolbec/TC Media Le boisé Édouard-Montpetit est plus clairsemé que jamais depuis la coupe massive de frênes atteints par l'agrile en 2015.

Montréal n’a jusqu’ici planté que le quart des arbres prévus dans sa stratégie de verdissement, clame Projet Montréal. L’administration Coderre assure pour sa part que ses objectifs finaux seront atteints.

Selon les calculs de Projet Montréal, seulement 16 000  arbres se sont ajoutés au patrimoine arboricole montréalais de 2012 à 2016, ce qui met hors d’atteinte la cible intérimaire de 65 000 arbres supplémentaires d’ici la fin de l’année 2017. Si la Ville a planté environ 13 000 arbres en 2016, elle a abattu 5679 frênes à cause de l’agrile, un insecte exotique qui fait des ravages depuis quelques années.

«L’administration Coderre a sérieusement sous-évalué le nombre d’arbres à abattre en raison de la propagation de l’agrile du frêne, a déclaré dans un communiqué émis jeudi en matinée Valérie Plante, chef de l’opposition officielle. Depuis 2012, la Ville a planté à peine plus d’arbres qu’elle n’en a abattus. Le manque de vision et le désintérêt du maire Coderre pour l’environnement auront des conséquences importantes sur la qualité de vie des Montréalais.»

Réal Ménard, l’élu responsable de l’environnement à la Ville, maintient que le rythme actuel permettra de répondre aux objectifs du Plan canopée, qui vise  à faire passer le couvert végétal de 20% à 25%. «On situe ça dans un horizon 2025 et on est confiant d’y arriver avec les plantations prévues de 98 000 arbres depuis 2012», a-t-il déclaré. L’objectif initial du plan est donc décalé d’au moins trois ans. Pour atteindre ses objectifs, la Ville compte aussi sur les plantations en terrain privé (13 000 arbres par an en 2016), dont elle finance une partie des coûts.

L’administration municipale a dépensé 21M$ l’année dernière pour planter de nouveaux arbres et lutter contre l’agrile. Il s’agit d’une année «exceptionnelle«, selon M. Ménard Environ 50 000 frênes seront sauvés en les traitant au pesticide TreeAzin, qui permet de lutter contre l’agrile. Cela représente la moitié des frênes de rues. Pour ce qui est des 100 000 frênes situés dans des parcs et des 50 000 autres qui se trouveraient sur des terrains privés, la Ville n’est pas encore capable de dire quel pourcentage d’entre-eux pourra être sauvé.

Pour Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal, «c’est trop peu trop tard». Il souligne que depuis 2014, son parti demandait des investissements d’urgence qui ont tardé à être octroyés. «Oui, c’est vrai qu’on ne perdra pas tous nos frênes comme certaines autres villes, mais d’un autre côté, on voyait la situation venir et malgré tout, on a réagi avec retard. Ça fait en sorte qu’il y a actuellement des rues entières qui sont défigurées», déplore-t-il.

La Ville a annoncé jeudi la mise en place d’un fonds de 900 000$ pour aider à l’abattage des frênes chez les citoyens touchés. L’aide pourra atteindre jusqu’à 4000$ par adresse.

Mais il n’y a pas que l’agrile du frêne qui contribue à la mortalité des arbres à Montréal. Dans la métropole, de 15% à 20% des arbres plantés n’atteind jamais la maturité. Le taux peut atteindre les 30% au centre-ville où le vandalisme, les opérations de déneigement et des fosses trop petites nuisent à leurs chances de survie.

Pour tenter d’y remédier, la Ville vient d’ailleurs d’octroyer 250 000$ à l’Université McGill pour étudier la dynamique d’infiltration d’eau dans les fosses d’arbres, évaluer les meilleurs mélanges de terre et trouver des méthodes pour diriger l’eau de ruissellement des trottoirs vers les arbres.

Le nombre de frênes abattus par arrondissement en 2016

  • Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles: 778
  • Ahuntsic-Cartierville: 671
  • Rosemont–La Petite-Patrie: 520
  • Mercier-Hochelaga-Maisonneuve: 406
  • Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce: 383
  • Le Sud-Ouest: 373

Aussi dans Montréal :

Dû à un problème technique relié à la publication de publicités sur notre site web, nous avons temporairement désactivé la zone de commentaires sur le site web. En attendant que le problème soit réglé, nous invitons les lecteurs à faire leurs commentaires via notre page Facebook, soit directement sur notre mur, ou en message privé. Merci de votre compréhension et merci de nous lire!