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Le nombre de réparations effectuées sur le réseau d’aqueduc montréalais a diminué au cours des quatre dernières années. Pourtant, l’administration de Valérie Plante maintient sa volonté «d’investir massivement» dans les infrastructures de l’eau, raison pour laquelle elle augmente cette année la taxe d’eau de 1,1%.

En 2014, plus de 1000 réparations avaient été réalisées, alors qu’en 2016, environ 795 ont été nécessaires, d’après les informations publiées sur le portail des données ouvertes de que la Ville que Métro a consulté. Entre janvier et mai de 2017, seules 312 réfections ont été faites, soit le nombre le plus bas pour cette période de l’année depuis 2006.

«Il y avait 29 bris aux 100 km il y a une dizaine d’années, rappelle la directrice du Service de l’eau de la Ville de Montréal, Chantal Morissette. Aujourd’hui, il y a à peu près 19 bris aux 100 km.»

À noter que l’année 2017 ne comprend que les cinq premiers mois.

Malgré cette amélioration qu’elle qualifie d’«assez impressionnante», Mme Morissette juge qu’il y a «énormément de chemin à faire» puisque 11% des conduites d’aqueduc montréalaises sont dans un état «très détérioré».

«[D’ici 10 ans], il va y avoir une grosse vague de conduites [construites] dans les années d’après-guerre qui vont devoir être remplacées. Si on ne le fait pas rapidement, on va perdre le contrôle», ajoute Mme Morissette.

Le responsable de l’eau au comité exécutif de la Ville de Montréal, Sylvain Ouellet, a justifié à maintes reprises le choix d’augmenter la taxe d’eau, qui rapportera un peu plus de 31M$ annuellement, en disant que «le déficit d’infrastructures accumulé est de 3,5 G$» et qu’il faut le combler.

«Dans les deux dernières années, on a renouvelé environ 1,4% du réseau, mais il faudrait se rendre à 2% pour rattraper le déficit d’infrastructures», estime Mme Morissette.

Pourtant, dans le plan triennal d’immobilisations (PTI) qui sera présenté mercredi au conseil municipal, la Ville prévoit investir 695 M$ dans le renouvellement des infrastructures des réseaux d’aqueduc et d’égouts au cours des trois prochaines années. Dans le PTI de l’an dernier, on prévoyait investir 742 M$ sur trois ans.

«Le PTI est une prévision et on ne fait jamais 100% de ce qui est prévu, soutient M. Ouellet. Mais il faut regarder les flux financiers. En 2018, on va réellement dépenser entre 450 et 500 M$. Pour maintenir les investissements qui sont prévus, ça prenait absolument des fonds. Sinon, ça aurait été que de l’emprunt.»

«Ce qui était problématique de l’ancienne administration, c’est que les revenus n’ont pas suivi le rythme d’augmentation des dépenses de l’eau. Ça n’a pas paru parce qu’ils ont puisé dans la réserve.» –Sylvain Ouellet

La responsable de l’eau dans l’administration de Denis Coderre, Chantal Rouleau, croit que l’équipe de Valérie Plante aurait plutôt pu «voir à l’interne» pour réduire les dépenses, notamment par un meilleur usage du temps des cols bleus. «Nous, on n’a pas eu à augmenter la taxe parce qu’on a mis en place des moyens pour réduire les dépenses», soutient-elle.

Elle salue toutefois le fait que les investissements se poursuivent. «S’ils arrêtaient, je trouverais ça absolument désastreux», dit-elle.

Rattrapage en vue

Questionné à savoir si le rattrapage du déficit pourrait un jour être effectué, Sylvain Ouellet dit que la Ville y «arriverait probablement pas» sans les nouvelles techniques de réhabilitation. Celles-ci permettent de prolonger la durée de vie d’un tuyau, sans avoir à ouvrir les rues.

«On espère que le marché va continuer d’avoir des bons prix, avance pour sa part Chantal Morissette. Récemment, on a annulé un appel d’offre parce que les coûts étaient trop élevés. C’est préoccupant.»

Pareil ailleurs?

Mme Morissette, rapporte que plusieurs villes canadiennes ont augmenté leurs revenus pour remettre leur réseau d’eau en ordre. «Toutes les villes qui ont souffert d’un sous-investissement ont augmenté leur revenus. Cette année, à Toronto, ils ont augmenté leurs revenus de 5%», donne-t-elle en exemple.

La Ville Reine a ainsi augmenté le tarif de l’eau, qui est facturée à chaque demeure.

Si le nombre de bris a diminué à Montréal, Mme Morisette indique qu’il y en a bien plus dans la métropole que dans les autres villes canadiennes, où la moyenne de «8 bris aux 100 km».  «C’est normal parce que les réseaux sont plus âgés [à Montréal], mais il faut quand même investir», souligne-t-elle.

Toutefois, elle dit ne pas [bien connaître] la situation des villes européennes, dont l’âge des canalisations serait similaire à celles de Montréal.

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