Mario Beauregard / Métro Le quartier général du SPVM

Face aux crises internes récurrentes, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) fait un pas de plus pour évaluer le climat organisationnel en son sein.

Pour mener cette opération, un appel d’offres a été lancé cette semaine afin de trouver une firme indépendante capable de réaliser, administrer et analyser un sondage électronique interne auquel les 6000 employés seront appelés à répondre.

Parmi les objectifs visés, le sondage électronique d’une vingtaine de minutes doit «permettre à l’ensemble des employés du SPVM de partager leur point de vue sur leur milieu de travail».

On y abordera des questions afin d’évaluer la mobilisation des employés, la perception que ces derniers ont de leur travail, les relations entre collègues, avec les supérieurs, avec la direction, la confiance envers l’organisation, la progression de carrière, ainsi que la formation et le développement.

L’ambiance au sein de l’organisation s’est détériorée ces dernières années. «Ça a commencé par les affaires de coulage d’information aux journalistes et à des criminels ainsi que la fabrication de preuves à la Division des affaires internes, qui ont créé un climat de méfiance. Ça s’est poursuivi par les changements successifs de directeurs dont le dernier a même été viré avant d’être remplacé par le directeur de la Sûreté du Québec [Martin Prud’homme], ce qui a causé un énorme choc», confie Rémi Boivin, chercheur en criminologie à l’Université de Montréal.

En plus des scandales, les rivalités internes et les nombreux changements organisationnels ont créé une certaine forme d’instabilité au sein du SPVM. L’organisation espère ainsi que l’étude «identifiera les dimensions du climat qui se situent dans des zones d’amélioration et les dimensions qui agissent comme des leviers pour rehausser le climat».

Reste à voir quel sera le taux de réponse des employés et la qualité de l’analyse qui sera effectuée avec les réponses obtenues. «Comme les délais sont très courts (18 jours) pour analyser les réponses et que le SPVM demande aussi une ventilation des résultats pour les 104 unités, je ne pense pas que l’analyse sera très approfondie», croit M. Boivin.

Dans son rapport préliminaire de réorganisation du SPVM, Martin Prud’homme a indiqué que plusieurs employés n’avaient pas voulu se prononcer sur le climat interne via une boîte courriel, «par peur de représailles».

Même si l’appel d’offres stipule que le SPVM recherche une firme spécialisée en psychologie et en développement organisationnel, le chercheur montréalais craint qu’une firme de sondage ne remporte le contrat, comme dans le contrat d’analyse du climat organisationnel au ministère de la Justice, dont le mandat avait été confié à la firme Léger en 2017. «Avec les firmes de sondage, l’analyse est souvent plus factuelle et moins pointue», selon M. Boivin qui pense que le milieu académique ne répondra pas à l’appel d’offres, puisque les professeurs seront en pleine session universitaire.

Au moment de publier, les responsables du dossier au SPVM n’étaient pas disponibles. Néanmoins, lors de son passage devant les élus de la commission de la sécurité publique, en juin, le nouveau chef Martin Prudhomme avait notamment déclaré que «le climat organisationnel est un sujet très important, car il touche directement l’engagement et la motivation du personnel». Il avait évoqué certaines perceptions internes ayant trait à «l’existence de clans», «les silos entre les services» et «des rôles et responsabilités mal précisés».

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