Pablo Ortiz/Métro

L’administration Plante-Dorais prévoit investir légèrement moins que l’an dernier dans les infrastructures routières et de l’eau, d’après le nouveau programme triennal des immobilisations (PTI) 2019-2021 présenté jeudi. Toutefois, les élus promettent toujours une croissance des travaux.

Des investissements de 3,5G$ sont prévus au cours des trois prochaines années pour ces deux catégories d’infrastructures, ce qui représente 54,5% des sommes enregistrées dans le PTI. Cette proportion atteignait 65% dans le PTI 2018-2020 présenté l’an passé.

Si cela peut laisser entrevoir une diminution des chantiers, l’administration promet qu’il n’en est rien, car le taux de réalisation sera augmenté. Rappelons qu’une part des projets inclus au PTI ne sont jamais réalisés. En 2018, on prévoit atteindre un taux de réalisation de 80%, ce qui sera exceptionnellement élevé.

«Il y a une augmentation du taux de la réalisation et de la performance. Cela a une grande influence dans la façon de planifier nos travaux, a soutenu le président du comité exécutif, Benoit Dorais. On se base sur le réel. Nous arrêtons de surPTIser. On prévoit exactement ce qu’on va faire et c’est ça qu’on budgète.»

Dès 2019, la Ville prévoit investir 644M$ dans les infrastructures routières et 482M$ dans celles du réseau de l’eau. Rappelons que la Ville chiffre à 1,65G$ par an les investissements nécessaires pour combler ce déficit d’entretien. Ainsi, la cible ne sera toujours pas atteinte.

Le responsable des infrastructures et de l’eau, Sylvain Ouellet, a indiqué que l’objectif était de remplacer 452 km d’aqueducs et égouts en trois ans. Dans le dernier PTI, cet objectif était de 433 km. «Il y a des très gros projets qui se terminent. Mais seulement au niveau des programmes [de réfection], on augmente de 155M$ par rapport à l’ancien PTI», a-t-il rappelé.

La mairesse Valérie Plante a d’ailleurs indiqué que c’est pour cette raison que les taxes qui augmenteront en 2019 comportent notamment celles de l’eau et de la voirie. «L’ensemble de la hausse sera consacrée aux taxes dédiées pour effectuer le rattrapage dans nos infrastructures d’eau, de la voirie et le transport», a-t-elle affirmé.

L’opposition a dit ne pas comprendre cette logique qui veut qu’on augmente encore les taxes pour diminuer les montants d’investissements prévus. «La mairesse augmente la taxe de l’eau d’un autre 1,3% alors que les investissements diminuent et les objectifs physiques sont maintenus. Elle demande plus d’argent pour moins d’investissements, c’est insulter l’intelligence des Montréalais», a pesté le chef de l’opposition, Lionel Perez.

Questionné sur la promesse d’un taux de réalisation plus élevé qui expliquerait la baisse des investissements, M. Perez a dit qu’il faudrait voir à la fin de l’année.

Pour ce qui est des routes, les objectifs de certains programmes seront réduits. En planage et revêtement d’artères, par exemple, l’objectif passera de 640 km sur trois ans à 315 km. Juste en 2019, cet objectif a été revu de 216 km à 105 km. «Avec la révision des programmes, on a essayé de changer les prémisses», a affirmé Sylvain Ouellet.

Un nouveau programme d’aménagement des rues, qui sera doté d’une enveloppe de 435M$, a aussi été instauré pour ne pas refaire les rues à l’identique. «Quand on fait des travaux en profondeur, on veut en profiter pour revoir la rue et ses déficits d’aménagements. Que ce soit pour l’intégrer à la vision zéro, aménager du transport actif ou pour les arbres, a expliqué M. Ouellet. Sur ces grands projets, peut-être que chaque kilomètre sera plus cher. Par contre, on va avoir une rue qui va répondre aux aspirations des Montréalais.»

Toujours dans la voirie, 15M$ supplémentaires seront investis sur trois ans pour le maintien des pistes cyclables et les arrondissements pourront aussi se profiter d’un budget de 25M$ pour un nouveau programme de sécurisation aux abords des écoles.

«Des citoyens ou des commissions scolaires nous disaient qu’il y avait des intersections dangereuses dans leur secteur et, ironiquement, s’il y avait des infrastructures souterraines en bon état, on leur disait qu’on allait pas sécuriser leur rue pour cette raison. C’est inacceptable de dire à des citoyens que parce qu’ils ont des tuyaux en bon état, qu’on ne changera pas une situation qu’on sait dangereuse pour les enfants pendant 50 ans, a avancé M. Ouellet. Maintenant, même si les infrastructures ne sont pas à refaire, on va sécuriser les abords des écoles.»

Plus d’espaces verts
Le PTI inclut plusieurs nouveaux programmes que l’administration dit être «dans le sens de ses priorités». Ainsi, 60M$ seront investis pour l’acquisition de milieux naturels à transformer en aires protégées. Déjà cette année, la Ville de Montréal avait réalisé plusieurs emprunts pour cette mesure.

«Il n’y a pas un coût uniforme par hectare à Montréal, alors on ne peut pas donner un objectif en nombre d’hectares, a spécifié le responsable des grands parcs, Luc Ferrandez. Mais on veut travailler le grand parc de l’ouest, les corridors verts dans l’est et sur la réappropriation des berges aussi.»

Le plan de l’eau, qui prévoit 6M$ par an pour le réaménagement des berges, se poursuivra dans les prochaines années.

Toujours dans le dossier des parcs, une somme de 1M$ par année est prévue pour chacun des 19 arrondissements pour verdir des parcs locaux.

La Ville de Montréal a également inscrit au PTI le projet permanent de fermeture de la circulation de transit automobile sur le mont Royal, «conditionnel aux recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal», a précisé l’administration montréalaise.

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