La prison de Bordeaux dans le nord de Montréal

Le directeur de la prison de Bordeaux, Pierre Couture, tient à rassurer les proches des détenus transférés dans un sous-sol de l’établissement en raison de travaux de nettoyage. «Je reviens de là, et le climat est calme», a-t-il assuré mardi à Métro.

La sœur d’un détenu craint une explosion de violence si les travaux se poursuivent jusqu’à la mi-mai, comme prévu. «J’ai peur pour mon frère, confie la dame, qui préfère taire son nom. C’est un pacifique, mais il m’a dit que les relations avec les détenus étaient devenus très tendues.»

Une centaine de prisonniers sont incarcérés temporairement, de 7h30 à 16h00, dans le sous-sol de l’aile E du centre de détention de Montréal pour permettre le nettoyage du dôme central, qui devrait durer six semaines. 

La salle de détention devient peu à peu  une «fosse aux lions», selon Stéphane Lemaire, président du Syndicat des agents de la paix en service correctionnel du Québec (SAPSCQ), à tel point que les gardiens refusent d’y effectuer leurs rondes. «C’est dangereux pour la clientèle et pour les agents. Ils auraient fallu transférer les prisonniers dans d’autres cellules, pas dans un sous-sol», s’indigne-t-il, pointant du doigt le gouvernement du Québec pour son laxisme dans la construction de nouveaux établissements de détention.

La réunion de plusieurs dizaines de criminels dans une même pièce pourrait favoriser les règlements de compte, s’inquiète M. Lemaire. Le criminologue Jean-Claude Bernheim, président de l’Office des droits des détenus, juge aussi la situation «très préoccupante pour la sécurité et la bonne réhabilitation» des réfugiés du centre de détention.

Le directeur de la prison de Bordeaux, Pierre Couture, assure que quatre agents étaient en poste lors de son passage au sous-sol et que l’endroit est sécuritaire.

Il ajoute que, contrairement aux rumeurs, la salle comprend amplement de services d’hygiène, dont huit douches et quatre toilettes. «Le sous-sol est grand comme un terrain de football, assure-t-il. Il y a des tables de ping-pong, des télévisions, des appareils d’exercice. Les détenus ont même eu droit à quelques privilèges depuis leur déménagement, comme un plus grand choix de films.»

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